Just be wow – un nouveau service pour les adolescents #72 (2/2)
Just be WOW – un nouveau service pour les adolescents – Sophie Mentior & Olivier Mageren
Dans ce deuxième épisode qui fait suite au précédent (#71), nous vous invitons à découvrir les 3 services actuels de l’univers « Just be WOW », un projet porté par Olivier et Sophie, et dédié aux adolescents d’aujourd’hui.
L’esprit de ces créations est d’accompagner les adolescents à grandir dans des relations plus conscientes, plus saines, plus épanouissantes et sans violences grâce à une meilleure conscience d’eux-même et de leur corps.
- 1er service présenté: le Stage Totem, une immersion de 5 jours pendant les vacances scolaires, pour renforcer la confiance en soi, l’écoute du corps et la qualité des liens.
- 2e service présenté: un programme subsidié extra-scolaire de 4 sessions, conçu pour sensibiliser aux violences et offrir des outils concrets pour construire des relations plus belles et saines.
- 3e service : une aide sur mesure, adaptable aux besoins spécifiques d’un établissement, d’un groupe ou d’une situation particulière.
Ce podcast est une invitation à ouvrir le dialogue, à prévenir plutôt que réparer, et à donner aux adolescents des repères précieux pour leur avenir relationnel.
Bonne écoute, interview menée par Michel Godart.
Remerciements à The Podcast Factory Org, le partenaire de vos podcasts
Envie de nous contacter : contact@justbewow.be
Liens mentionnés dans le podcast :
- « Cap toi M’aime », un service en Suisse pour accompagner les jeunes en refus scolaire ou décrochage scolaire ainsi que leurs parents.
- Les Lucioles : Page de donations de l’association LHC pour nous aider à exister et à développer les services.
- Le podcast avec la première intervention de Sophie Mentior
Comment ça marche ce répondeur ?
Vous suivez le lien, une petite fenêtre apparaît pour autoriser le navigateur à utiliser votre micro, accordez cet accès. Vous enregistrez votre message. Vous aurez la possibilité de le réécouter et de recommencer si la première prise de son ne vous convient pas. N’oubliez pas de préciser si vous ne souhaitez pas que ce message soit partagé en public ou non. Votre message est prêt ? Encodez une adresse email et faites envoyer. Vous pouvez rester anonyme, le mail utilisé pour envoyer votre message ne sera jamais divulgué. L’email reste privé même si vous autorisez le partage de votre message sur les réseaux.
L’épisode via notre chaîne Youtube :
Séquençage du podcast Just be WOW – un nouveau service pour les adolescents :
- [00:00:20] Introduction à la seconde partie du podcast « Just Be Wow »
- [00:01:06] Rappel : qui est Sophie Mentior ?
- [00:01:23] À qui s’adressent ces services (ados, parents, structures) ?
- [00:01:55] Le stage « Totem »
- [00:03:30] Symbolique du Totem et historique du projet
- [00:04:20] Pourquoi un groupe est indispensable
- [00:05:03] Ce que le groupe apporte aux adolescent·es
- [00:05:57] Mixité d’âges et d’histoires
- [00:06:47] Maturité émotionnelle et complément d’Olivier
- [00:08:41] Apprendre en s’amusant et créer la confiance
- [00:09:34] Rythme du stage Totem
- [00:09:49] Durée du stage Totem
- [00:09:50] Second service : programme extra-scolaire subsidié
- [00:11:18] Aller plus en profondeur
- [00:11:49] Logique du suivi : répétition, corps, expérience, carnet
- [00:13:19] Nuances : émotions, comportements et violence
- [00:14:07] Surprise fréquente : le lien au corps
- [00:16:02] Synthèse en mots-clés
- [00:16:29] Progressivité de l’accompagnement
- [00:16:41] Vivre une « tribu »
- [00:17:15] Apprendre entre jeunes et dialoguer autrement
- [00:18:49] Relais maison-école : recréer du lien familial
- [00:20:10] Troisième service : l’atelier « clé en main »
- [00:21:31] Synthèse en mots-clés
- [00:21:53] Vision, impact et ambitions
- [00:22:39] Avec quoi repart un·e jeune ?
- [00:23:51] Just be WOW, le lien avec le Love Health Center
- [00:25:19] Synthèse en mots-clés
- [00:25:51] Appel : groupes 15–25 non scolaires et permanence jeunes
- [00:26:41] Permanence physique et besoin de soutien
- [00:27:35] « Les Lucioles » : mensualités de soutien
- [00:28:28] Gratitude et invitation à partager
- [00:28:49] Rituel de clôture : gratitude et rappel voicemail
- [00:29:07] Remerciements de Sophie
- [00:29:16] Remerciements d’Olivier
- [00:30:02] Clôture de l’épisode Just be WOW
La transcription du podcast Just be WOW – un nouveau service pour les adolescents :
Si tu apprécies notre démarche de transcrire les podcasts : parle de ce podcast à ton entourage. Nous pouvons allouer des ressources aux transcription grâce aux donations reçues vers notre association
- [00:00:00] Jingle Intro: « Entr’Nous. Entr’Nous, le podcast, pour parler, de sexualité. Par vous, avec vous, pour vous.
Introduction à la seconde partie du podcast « Just Be Wow »
- [00:00:20] Michel Godart: Bienvenue pour le 72?? épisode du « Love Health Center ». Olivier, je vais te laisser continuer la phrase? Un centre situé à Bruxelles, mais disponible dans le monde entier qui vous aide pour le bien-être… Vas-y raconte!
- [00:00:30] Olivier Mageren: Oui, merci Michel. C’est amusant, c’est vrai qu’en ayant monté autant de dizaines de podcasts, tu pourrais faire les podcasts toi-même – rires -, c’est très chouette. Et donc oui, c’est une association basée à Bruxelles, en Belgique, dont la vocation est d’aider les jeunes et les adultes, les individus mais aussi la société, à avoir un rapport beaucoup plus sain à soi, aux autres, donc créer des plus belles relations tout en intégrant la sexualité et aussi le corps. Ça sera le sujet aussi de cette thématique de ce 72?? épisode, qui est la suite du 71??, donc on vous invite à écouter le 71??. Et ici on va présenter un peu nos services. Précédemment, on explique un peu notre philosophie, notre approche, nos observations, et maintenant on va rentrer un peu plus dans le concret de l’offre.
Rappel : qui est Sophie Mentior ? & Just be WOW
- [00:01:06] Michel Godart: Sophie Mentior, un petit rappel, qui tu es pour les auditeurs qui découvrent l’épisode?
- [00:01:10] Sophie Mentior: Je suis professeur de mathématiques en collège, pour le supérieur, également massothérapeute. Et j’ai ce magnifique projet « Just Be Wow », avec Olivier, qui est dédié aux adolescents, à les relier et à pacifier le lien au corps.
À qui s’adressent ces services (ados, parents, structures) ?
- [00:01:23] Olivier Mageren: Ici, on fait un podcast, on s’adresse aux parents, évidemment, on s’adresse à des professionnels qui travaillent en institution ou avec des jeunes, dans des maisons de jeunes ou que sais-je, donc on s’adresse à tous des professionnels. Mais aussi notre public ici, on s’adresse aux grands-parents qui peuvent diffuser, qui ont peut-être plus de temps d’écouter ou de relayer et de filtrer, dire « Ah tiens, j’ai entendu un chouette podcast » et on l’envoie dans sa famille, que sais-je? Et puis il y a toute personne qui peut diffuser et peut-être nous aider à faire émerger nos services. Pourquoi pas en Afrique ou partout ailleurs, on est partants quoi en fait, on a une vision à long terme, on la partagera tout à l’heure.
Le stage « Totem »
- [00:01:55] Michel Godart: Dans cette co-création intelligente et émotionnelle aussi, on va présenter donc vos services. Alors ils sont subdivisés en trois catégories, on va peut-être parler de la première partie, on va parler d’un stage Totem. Alors moi quand j’entends Totem, ça me fait penser à des bandes dessinées, tu vois, ça me fait penser à des choses un peu gai, joyeuse aussi, et un petit côté spirituel. J’étais intriguée par le nom donc je vais vous laisser peut-être, on commence par toi Sophie, tu nous expliques un peu (Sophie Mentior: Oui, tout à fait) c’est quoi l’atelier Totem?
- [00:02:23] Sophie Mentior: L’atelier Totem, c’est un atelier qui va se dérouler en nature. Ça veut dire qu’on invite (Michel Godart: Ahhhh) les jeunes à camper. C’est un stage en résidentiel, donc il y a cinq jours où on est, voilà, autour d’un feu de bois tous les soirs, on fait la cuisine, donc il y a une ambiance un peu scoute.
- [00:02:38] Michel Godart: Ah ouais donc le Totem ça parle!
- [00:02:40] Sophie Mentior: Et le totem, le but en fait c’est d’aider les adolescents à prendre conscience de qui ils sont. Donc on va leur proposer, pendant tout ce stage, tous ces cinq jours, on leur propose plein d’ateliers : corporels, relationnels, émotionnels, mais aussi des balades, du créatif et plein de moments évidemment d’introspection. Si vous nous écoutez, vous savez qu’on aime beaucoup ça. Et le but, ça va être de faire émerger chez eux plus de conscience de qui ils sont, leurs talents, les acquis qu’ils ont, leur sensibilité. Et ils vont réaliser au fur et à mesure du stage un Totem, qui les représente, dans lequel ils vont pouvoir graver, donc sur un morceau de bois, soit en bâton, soit un bloc de bois, ils vont pouvoir graver des symboles qui représentent qui ils sont. Et nous notre idée c’est qu’ils repartent enrichis de tout ce qu’ils auront appris pendant le stage avec ce symbole puissant de la semaine qu’ils auront passé avec nous.
Symbolique du Totem et historique du projet
- [00:03:30] Michel Godart: Ce qui me touche dans ce que tu dis, c’est qu’on parle de symbolique et de culture scoute (Sophie Mentior: Mmm) où il y a un côté extraversion, mais que tu parles d’abord d’introversion et qu’effectivement tu conclus par « Le chemin qu’on vous invite à faire, chers jeunes, c’est de partir de votre introspection pour reproduire une extraversion », et c’est fantastique, je trouve ça génial, c’est super bien pensé. J’ai envie de vous poser une question Olivier : ils ont déjà eu lieu ces stages Totem? Parce que j’ai vu passer des communications sur les réseaux. Déjà, il y a eu déjà des tests?
- [00:03:58] Olivier Mageren: On a lancé le concept, les inscriptions et le premier atelier en été 2025.
- [00:04:03] Michel Godart: Oui c’est parce qu’il y a un an.
- [00:04:04] Olivier Mageren: Il y a eu quelques inscriptions, mais pas suffisamment que pour maintenir l’atelier. Donc malheureusement, la première édition, on a dû l’annuler. Mes parents étaient tristes, les ados aussi mais bon voilà, on devait avoir une taille de groupe suffisante. On s’est dit voilà, c’est nouveau, faut le temps qu’on se fasse connaître, qu’il y ait le bouche à oreille qui fonctionne, qu’on soit peut-être relayé par des médias.
Pourquoi un groupe est indispensable
- [00:04:20] Sophie Mentior: D’où ce podcast, pour faire connaître les valeurs de ce qu’on partage. Et c’est vrai que comme le but c’est de créer un groupe, on a besoin en fait, comme ça dans le corporel, on a besoin qu’il y ait un groupe suffisant pour que les jeunes puissent choisir.
- [00:04:34] Michel Godart: Sinon c’est pas réalisable.
- [00:04:35] Sophie Mentior: Avec qui ils ont envie de travailler, pas qu’ils soient forcés de travailler avec telle personne, etc. Donc on a vraiment besoin d’avoir un groupe suffisant pour qu’il y ait cette énergie, cette dynamique, cette liberté aussi de pouvoir être, de pouvoir dire, de pouvoir partager. Et donc pour nous, le nombre était important et on a préféré annuler l’édition, dire qu’on allait travailler à diffuser mieux la proposition qu’on fait pour trouver un public et pouvoir créer cette première expérience avec les jeunes.
Ce que le groupe apporte aux adolescent·es
- [00:05:03] Michel Godart: On va avoir un groupe qui va se créer, j’en suis convaincu. Ce groupe, qu’est-ce qu’il va apporter dans le processus? Parce qu’on a compris, c’est important d’avoir les échanges, mais la capacité de choisir aussi. Mais qu’est-ce qu’il apporte d’autre le groupe? Parce qu’on travaille sur l’individuel au départ, sur l’introspection personnelle (Sophie Mentior: Tout à fait). Il y aura des échanges dans le groupe?
- [00:05:18] Sophie Mentior: Oui, absolument. Donc en fait, ce qu’on fait la plupart du temps c’est : on crée des expériences, on crée un laboratoire, dans lequel on laisse émerger ce qui vient des jeunes. Et ensuite, quand les jeunes ont fait émerger à l’intérieur d’eux, par l’expérimentation des ressentis, un vécu, etc. On les invite à coucher sur le papier par de l’artistique ou des mots, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont ressenti, etc. Et donc là, on essaye de nous de mettre en place des process pour enrichir ça. Et après, il y a toutes des phases de partage (Michel Godart: Ahhh) et pour tout qui a déjà vécu des partages de groupe, il y a un enrichissement collectif qui est extrêmement puissant.
- [00:05:53] Michel Godart: Oui, parce qu’on découvre la perception de l’autre, on se dit « Mais je ne l’ai pas pensé comme ça (Sophie Mentior: Exactement), maintenant je comprends par ces mots ».
Mixité d’âges et d’histoires
- [00:05:57] Sophie Mentior: Et puis l’hétérogénéité d’un groupe, parfois au niveau des âges, notamment avec Olivier on aime beaucoup avoir une mixité des âges. Par exemple, on va faire un groupe avec les 15-18, et le vécu d’un ado de 15 ans n’est pas celui d’un ado de 18 ans, la façon de s’exprimer non plus. Ils sont suffisamment proches pour parler la même langue et avoir les références communes de la jeunesse de cette tranche d’âge-là, et donc d’avoir des affinités. Mais ils ont aussi, ils proviennent parfois de milieux différents, ils n’ont pas du tout la même fratrie, ils n’ont pas du tout les mêmes parents, la même éducation. Et donc cette hétérogénéité-là va enrichir le groupe, parce que ça va permettre à tout jeune qui va raconter son histoire, raconter ce qu’il perçoit, raconter son vécu, d’enrichir la vision que les autres jeunes peuvent avoir. Et par cette richesse, ça va augmenter aussi la tolérance que les jeunes vont avoir entre eux.
Maturité émotionnelle et complément d’Olivier
- [00:06:47] Michel Godart: Mais ça me fait penser au côté sexologue d’Olivier hein? Parce qu’il y a parfois des gens qui ont, par rapport à leur âge, plus de maturité émotive et d’intelligence émotionnelle que d’autres, alors que ils sont plus jeunes. Olivier, un petit mot là-dessus? Puis je te laisse compléter ce que Sophie nous dit.
- [00:06:59] Olivier Mageren: Oui, ce que j’avais envie de dire, c’est que le stage Totem, c’est un stage qui peut être extra-scolaire ou inclus au scolaire, sorties scolaires ou jeunes en décrochage scolaire peut-être, pour notre ami Marine Chambat en Suisse qui travaille avec… (Michel Godart: On lui fais un petit coucou), on fait une petit coucou. C’est de créer comme dit Sophie, une atmosphère, une ambiance collective de camp scout, grosso modo. Et on se situe entre, à la fois intégrer du fun et du pédagogique. C’est pas que du fun, on n’est pas juste là pour s’amuser, ou de dire on passe du bon temps. On n’est pas que là pour faire du pédagogique et d’instruire, c’est quand même un moment de… Où on souffle. Et je pense que, voilà, ce qu’on propose c’est : des moments de jeu, qu’on a créé, ou des moments de jeux, jeux de société tout simplement. C’est-à-dire aussi des moments collectifs qui sont, voilà, simplement (Sophie Mentior: Du loisir) du plaisir. Offrir du temps libre aussi aux jeunes, ça c’est important. Prévoir des feux le soir, c’est magique, un camp scout avec un feu et papoter, de créer des moments de papote, de paroles. Et je remarque, par rapport à mon expérience depuis sept ans dans les écoles, je n’ai jamais eu aucun groupe qui a été formé à avoir un dialogue de groupe. Alors c’est quoi le cadre? Et on commence à dire « Vous mettriez quoi comme cadre? Quels seraient les trois, quatre ou cinq règles qu’on doit mettre ici, parce qu’on est assis en cercle? Et comment ça va se passer? Comment tout le monde va se sentir bien, quelles sont nos intentions, qu’est-ce qu’on va mettre comme règles? ». Ils ont jamais eu ça, ils disent « On nous a jamais posé la question, on sait pas ». On n’a pas cet espace où en fait on travaille de manière collective, où on distribue la parole parce qu’on est un petit collectif. Donc ça, c’est important, c’est déjà des trucs tout simples. Ensuite, comme ces jeux pédagogiques, il y a ces moments où il faut pouvoir digérer, respirer. Donc voilà, on n’est pas à remplir un agenda, on est quand même en mode « chill », dire « Hey, on est là pour s’amuser, mais aussi apprendre ». Et je crois qu’on n’apprend jamais aussi bien que quand on s’amuse.
Apprendre en s’amusant et créer la confiance
- [00:08:41] Michel Godart: On est bien d’accord. D’ailleurs, le monde adulte l’a compris, dans les entreprises ils font du « serious gaming » comme ils appellent ça. J’ai l’impression qu’on peut mettre au milieu de ce feu de camp un chaudron et que dedans, il y a une recette magique, la potion magique du bonheur des enfants. Je te laisse continuer.
- [00:08:54] Olivier Mageren: Oui. Et pour compléter ce que Sophie disait aussi, voilà on en parle depuis un an, on cogite hein? Depuis un an, on travaille effectivement sur l’identité, qui ils sont? Dans leur authenticité, sur les soft skills, pas les hard skills qu’on les apprend à l’école ou quand on cherche un diplôme, ou une certification ou que sais-je, on s’adresse plutôt ici aux soft skills, aux aptitudes relationnelles. Également, à la créativité, à l’artistique, une grande place pour le relationnel hein? De soi et vers les autres, et la confiance. La connaissance de soi et la confiance.
- [00:09:20] Michel Godart: Mais on en parait dans le premier épisode de la confiance, elle est hyper importante. D’abord on la crée avec les adultes, vous, mais aussi entre eux. Et c’est bien que tu le mentionnes maintenant, dans l’atelier ça va être la clé. Pense atmosphère, chaudron magique, feu de bois, Totem, je crois que ça va aussi aider pour la confiance.
Rythme du stage Totem
- [00:09:34] Olivier Mageren: Et donc voilà, on se rend compte qu’un atelier Totem, ben on se lève le matin, il y a des routines : yoga. Et puis on va faire le déjeuner ensemble, et puis après il y a un atelier pédagogique (Michel Godart: Wouaw) où on va apprendre un peu de conscience corporelle, puis l’après-midi un peu de conscience relationnelle, et puis des jeux de société, donc on voit que ça va être rythmé.
Durée du stage Totem
- [00:09:49] Michel Godart: Ça dure combien de temps?
Second service : programme extra-scolaire subsidié
- [00:09:50] Sophie Mentior: Cinq jours.
- [00:09:50] Michel Godart: Tantôt tu faisais référence à Marine, en Suisse, qui fait de l’accompagnement pour la phobie scolaire. Et ça me mène vers le deuxième atelier que vous allez présenter, parce qu’il y a un atelier où vous vous concentrez sur la violence, le consentement, le harcèlement. Tu peux un peu parler de cet atelier, de qu’est-ce qui t’est venu comme inspiration? Ça vient de ton boulot? Où c’est plutôt Sophie qui dans l’école a constaté des choses?
- [00:10:09] Sophie Mentior: On a vu qu’il y avait un appel à subsides, notamment pour des ateliers pour diminuer la violence et le harcèlement dans les milieux non scolaire, et donc on a remis un dossier et on a obtenu les subsides pour animer justement neuf groupes de quatre fois 2h à chaque fois, avec un public non scolaire, pour des jeunes de 15 à 25 ans. Et donc c’est dans ce cadre-là qu’on a pu réfléchir à nos ateliers, comment on les présenterais sous un format de quatre fois 2h. Enfin, je dis 2h mais c’est deux périodes, ça peut être des ateliers d’une heure et demie ou 2h. Et comment est-ce qu’on aborde la violence, le harcèlement, comment les jeunes le vivent? Et donc de nouveau, on va leur poser des questions : C’est quoi pour vous la violence? Comment vous l’avez vécu? Est-ce que vous avez dans votre histoire de la violence, du harcèlement? Et on va démarrer de ce que les jeunes font émerger, et ensuite en fonction de ce qu’ils nous disent, on va adapter, et on va voir comment on peut les outiller. Qu’est-ce qu’on perçoit aussi qui est le plus utile pour eux? Est-ce que c’est par exemple d’enrichir leur vocabulaire émotionnel, pour qu’ils puissent mieux décrire ce qui se passe à l’intérieur d’eux? Est-ce que c’est d’enrichir, on va essayer de voir comment est-ce que nous, adultes, avec l’expérience qu’on a, on peut leur apporter des choses qui vont leur être utiles dans ce qu’on perçoit qu’ils sont en train de vivre et qui va être bon pour eux.
Aller plus en profondeur
- [00:11:18] Michel Godart: Moi, ce que j’entends, qui m’interpelle à titre personnel, énormément dans ce que tu dis, parce qu’on peut avoir tous des enfants qui sont harcelés à l’école. C’est que on est confronté au fait que dans les écoles il y a les centres PMS qui aident déjà beaucoup (Sophie Mentior: Mm), et qui font un travail formidable (Sophie Mentior: Tout à fait), mais parfois ils n’ont pas assez de temps. Et vos ateliers, votre solution, c’est une réponse à ce manque de temps, à ce qu’on appelle ce « pain point », c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas aller en profondeur aussi fortement que vous avec ces ateliers, et je dirais « Chapeau d’y avoir pensé » parce que, s’il pouvait y avoir ces ateliers partout, je crois qu’il y aurait énormément de parents en attente et en demande.
Logique du suivi : répétition, corps, expérience, carnet
- [00:11:49] Olivier Mageren: Oui, et je félicite les initiatives Evras, que je trouve très belle. Et merci à l’état belge, la Fédération Wallonie-Bruxelles de proposer, cette année c’est le focus, c’est dire « Ok, comment travailler sur les violences, comment réduire les violences, comment apporter du bien être? ». Donc ça c’est le cœur de l’appel à projet. C’est un subside aussi proposé aux associations. Certes, il y a des choses qui se passent en école, mais en fait on doit être actif dans plein de milieux différents, et tous ceux qui peuvent contribuer à améliorer la situation collectivement, ben c’est le bienvenu. La particularité, c’est que, nous par exemple, on va devoir s’adapter à plein de milieux de jeunesse différents où parfois on a droit qu’à un temps très court, ou un temps plus long, un temps posé. Et donc on sait qu’on va devoir décliner avec des modules, par exemple trois fois 20 minutes où on va faire une introduction et puis ensuite un petit jeu, et puis une introspection, et ça se clôture et on se reverra la semaine d’après. Et donc la particularité de l’offre qu’on propose, c’est que justement il y a un suivi, on ne vient pas une fois. Parce que les élèves on sait très bien qu’ils oublient. Et pour mémoriser, il faut que ça passe par le corps et l’expérience, c’est-à-dire on s’adresse d’une manière ou d’une autre au corps. Donc c’est pour ça que ce qu’on propose, c’est de venir quatre fois. Donc on l’avait dit dans le podcast précédent, un des piliers, c’est la conscience corporelle, l’introspection, le carnet de notes, le relationnel, les aptitudes relationnelles, mais surtout le fait de revenir, de répéter et d’aller chaque fois un peu plus loin, se remémorer ce qu’on a appris la fois précédente, de comprendre comment chacun, soi-même on évolue. Et donc il y a un carnet de suivi. Et ce subside, je trouve que ce qui est chouette quand on parle des violences, c’est de conscientiser c’est quoi une violence, où sont les violences, mais faire la distinction entre une émotion, par exemple comme la colère, ou une frustration.
Nuances : émotions, comportements et violence
- [00:13:19] Michel Godart: Tout ça sans être moralisant ou culpabilisant.
- [00:13:22] Olivier Mageren: Voilà. Et ensuite : les comportements. Par exemple : la colère, l’agressivité, la violence, c’est trois choses différentes, mais souvent c’est un amalgame, c’est ce qui est bon ou mauvais et on classe tout dans la même catégorie alors que… La colère c’est quelque chose en soi. Et conscientiser son corps, être d’abord en connexion avec ça, avant même ce qu’on va faire avec, comment on va l’interpréter. Quels sont nos comportements, et puis tout le côté systémique, en collectif ou en système. Et donc c’est vaste et on peut aller crescendo pour mettre de la conscience, et donc nourrir des plus belles relations, désamorcer au plus vite. C’est un peu la loi de Pareto avec 20 % d’efforts on règle 80 % des problèmes. Si déjà on fait ça, on peut déjà se féliciter d’avoir tous collaboré entre le politique, les financements, les institutions et nous des acteurs de terrain au quotidien quoi! Donc on pourrait se dire « Chouette on y va! ». Et si les parents sont partenaires, on a besoin d’eux aussi.
Surprise fréquente : le lien au corps
- [00:14:07] Michel Godart: Qu’est-ce que les jeunes découvrent souvent, et qui les surprend eux-mêmes? Sophie.
- [00:14:11] Sophie Mentior: Et bien le lien au corps en fait, le fait qu’on n’a pas appris à s’écouter.
- [00:14:15] Michel Godart: C’est une surprise vraiment pour eux?
- [00:14:16] Sophie Mentior: Alors déjà, au départ, c’est très inconfortable. Déjà (Michel Godart: Ouais, j’aimgine), quand dans une classe on dit aux élèves « Ah ça vous dirait? On va faire une petite minute de méditation », ça leur paraît très, très, long la première fois parce que c’est très inconfortable tant ils n’ont pas l’habitude d’être en contact avec eux-même, à juste s’écouter, ce qui se passe à l’intérieur. Donc au départ, on sait qu’on les met dans des postures inconfortables, mais on prend le pari de se dire que c’est nécessaire parce qu’on sait quel confort ça va leur apporter par la suite. Et alors ce que je voulais dire aussi c’est : dans l’atmosphère de sécurité qu’on tente d’instaurer avec Olivier, et je pense qu’on y arrive, la beauté de ce que nous on vit, c’est de voir combien les jeunes, le fait qu’on puisse revenir plusieurs fois ça leur permet, entre chaque fois, de penser à ce qui a été dit, et de soulever des questions, des interrogations qui vont de plus en plus profond. Ça veut dire que : on va avoir des témoignages qui vont être de plus en plus proches des interrogations qu’ils ont fondamentales, où ils remettent en question des choses qui sont extrêmement importantes dans leur vécu. Et donc ça, c’est vraiment la beauté de ce qu’on essaie de construire, c’est cette relation de confiance dans laquelle ils vont se sentir: un, respectés. Deux, sécurisé et qu’il y a un cadre bienveillant dans lequel il n’y a pas de jugement, dans lequel tout ce qu’ils vivent est accepté tel que c’est, et on en parle. Et on n’est pas moralisateur, on va essayer de comprendre, d’abord de bien les écouter, d’essayer de comprendre qu’est-ce qu’ils vivent. Et, on peut parfois aussi faire appel à la dynamique du groupe, de dire « Ben comment est-ce que vous vous le vivez? Qu’est-ce que vous auriez fait? ». Et on n’est pas, nous, adultes, à déverser notre connaissance et notre savoir, mais on va aussi stimuler le groupe et le réseau de dire aux jeunes « Mais comment vous vous auriez réagi? Qu’est-ce que vous feriez? Qu’est-ce que vous pourriez proposer comme solution? Donc voilà, c’est tout ce qu’on essaie de mettre en place dans ces groupes, avec de la récurrence.
Synthèse en mots-clés
- [00:16:02] Michel Godart: Quand je vous écoute tous les deux, j’ai déjà envie de me dire que dans le premier atelier, le stage Totem, on pourrait identifier des mots clés qui sont plutôt : identité, soft skills, créativité relationnelle, confiance. On reparle de confiance dans le deuxième atelier, avec l’atelier violence, consentement, harcèlement. Et ici, j’aurais envie de dire que les mots clés qui ressortirait, ce serait les nuances de la violence, la conscience corporelle dans ce que tu viens de dire. J’entends aussi un côté émotion et responsabilisation, c’est correct? (Sophie Mentior: Tout à fait). Est-ce qu’il y a des choses à ajouter Olivier?
Progressivité de l’accompagnement
- [00:16:29] Olivier Mageren: ben comme dit Sophie, il y a le côté progressivité, le fait de se revoir plusieurs fois. Il y a une progressivité, une ambiance camp Totem, c’est particulier, c’est une bulle, on passe plusieurs jours ensemble, on vit ensemble, c’est en mode camping nature.
Vivre une « tribu »
- [00:16:41] Sophie Mentior: On crée une tribu (Michel Godart: Ouais c’est ça, c’est le côté tribu quoi), c’est vraiment… C’est pour des jeunes aussi qui peuvent se sentir isolés, qui ont du mal à établir des (Michel Godart: Et ça, c’est important aussi, ouais). Parce qu’il y en a quand même beaucoup, malgré les réseaux qui promeuvent des liens un peu superficiels. Et donc ici, nous ce qu’on a envie de créer en fait, c’est une tribu de jeunes qui sont fortement liés les uns avec les autres de par le fait qu’on aura partagé des choses importantes et profondes, et peut-être même dans l’idée qu’on avait avec Olivier, c’est même d’avoir une tribu qui se revoit, qui a du plaisir à se retrouver, peut-être une fois par an.
- [00:17:11] Michel Godart: Olivier tu voulais encore préciser quelque chose? (Olivier Mageren: Oui, Donc…) avant qu’on passe au troisième atelier.
Apprendre entre jeunes et dialoguer autrement
- [00:17:15] Olivier Mageren: Dans ce deuxième service qui est initié et auquel on répond à l’appel d’offres de l’État belge concernant la réduction des violences, il y a aussi le fait d’être entre jeunes, c’est d’apprendre des uns des autres. Il y a quelque chose aussi où on se pose, on écoute, on comprend la réalité des autres, les nuances, les sensibilités. Donc on apprend beaucoup des uns des autres, et entre eux quoi! Si on les laisse dialoguer, il y a beaucoup de sagesse, ou de réflexion, ou de réalité du quotidien toutes simples. Et de se dire que, voilà les violences parfois c’est: il y a des trucs tout simples qui partent en vrille parce que on ne sait pas comment en parler à son papa, ou du papa vers l’enfant parce qu’il est nerveux, il rentre du travail, je ne sais pas, il y a plein de petits trucs du quotidien tout simples, qu’on peut désamorcer, pour amener plus de clarté d’esprit, de conscience corporelle, de simplicité. Des outils pour communiquer: comment le jeune peut naviguer? Parce que, les jeunes, je t’assure depuis sept ans que je travaille avec eux, quand on me pose la question de se dire « En fait dire, en fait, ça vous intéresse? Enfin, comment vous pourriez mieux communiquer avec vos parents Parce que vous voulez plus d’autonomie, de liberté, qu’on vous fasse confiance, comment on va faire ça? Tu as un challenge, un truc tout simple du quotidien hein? Est-ce que je peux sortir ce soir? Vous y faites comment? Parce que souvent, si c’est juste oui ou non, quand c’est oui tant mieux, mais si c’est non je fais quoi? Le parent, il veut que l’enfant soit autonome, et l’enfant il veut de l’autonomie. Mais souvent ça bug, il y a des frictions, il y a des conflits, il y a des incompréhensions, et il y a plein d’outils, des possibilités d’amener de l’apaisement et une visibilité plus lumineuse. Pour pas se sentir coincé et frustré, parce qu’alors, évidemment, on va directement quelqu’un de frustré, qui a pas de solution, à un moment ou un autre soit il s’éteint et la violence se retourne contre lui, de lui à lui, il s’éteint. Ou bien, la violence va sortir vers l’autre parce que il n’y a rien de plus dangereux que quelqu’un qui a pas de solution. Il va devoir sortir cette énergie qui le bloque en fait.
Relais maison-école : recréer du lien familial
- [00:18:49] Michel Godart: C’est extrêmement important ce que tu es en train de dire. Parce que, quand on est face à du harcèlement scolaire, de la violence scolaire, il y a un travail qui se fait en groupe à l’école, souvent un accompagnement. Mais il faut aussi que le relais se fasse à la maison, c’est-à-dire que le jeune puisse interpeller ses parents sur leur façon d’avoir une idée préjugé, une idée arrêtée où il pense avoir la solution et la bonne réponse et peut-être pas assez à l’écoute de l’enfant. Et là en fait tu redonnes les codes à l’enfant de réinterroger l’adulte, sa perception, de lui dire « Ben laissez-moi peut-être plus de place de parole, laissez-moi peut-être plus la place pour m’exprimer » et renouer le lien familial avec ses parents si il y a une coupure, une incompréhension on va dire par la posture des parents, ou la posture de l’enfant de son côté aussi. Ce que vous allez amener va refaire du lien là aussi. Et donc c’est cette chaîne de lien entre les parents, l’enfant, l’école et le centre d’accompagnement et vous, qui va faire cette magie, reconstruire. Je comprends bien les choses?
- [00:19:37] Olivier Mageren: Oui. Et surtout que, quand on travaille avec les ados, à la fois, voilà, ils veulent se détacher des parents, ils veulent leur vie autonome, libre, ils veulent développer des aptitudes pour être adulte en soi, mais aussi ils sont très à l’écoute des aptitudes comment communiquer avec leurs parents, comment s’émanciper, comment être bien avec eux, comment créer. Ils sont très ouverts, même si leur regard vers l’extérieur, il se doute bien que parfois à la maison, comment je communique c’est difficile. Nous, le but c’est de développer cette aptitude là aussi, c’est à dire d’embellir toute forme de relation qui concerne le quotidien de l’enfant. Et d’office, évidemment, les parents sont centraux dans cette situation. Donc si on peut améliorer ça, et c’est le but, et bien on est heureux.
Troisième service : l’atelier « clé en main »
- [00:20:10] Michel Godart: Alors on va passer au troisième atelier, parce qu’on a un troisième atelier, c’est l’atelier « clé en main ». Alors, tu m’avais dit : pour une structure.
- [00:20:17] Sophie Mentior: L’idée de l’atelier clé en main, c’est le fait que, ben on a énormément d’outils avec Olivier, et qu’on peut s’adapter à beaucoup de situations. C’est vrai qu’ici on a répondu à une offre sur le harcèlement et les violences, mais on est également outillés si on est face à des élèves qui ont une perte de motivation par exemple, et qui sont en décrochage, on peut tout à fait intervenir. Les ateliers qu’on a créés, et la façon dont on les développe, est bénéfique pour un très grand nombre de cas. Et donc on se donne l’opportunité, en plus Olivier et moi sommes très créatifs et très innovants, et donc on se donne l’opportunité de répondre à des besoins spécifiques de différentes structures, ça peut-être des AEMO, ça peut-être des clubs sportifs, ça peut-être des scouts, ça peut-être tout type d’encadrement à la jeunesse qui rencontrerait une difficulté avec son public de jeunes, qui peuvent nous contacter, nous exposer les difficultés auxquelles ils font face. Et on peut créer un atelier sur mesure pour ce groupe de jeunes, pour cet âge-là, en lien avec les pratiques que nous on fait, faire une proposition en tout cas.
- [00:21:11] Olivier Mageren: Dans ce troisième volet, ce troisième service, c’est justement d’être à l’écoute en disant « Ben voilà, si ce qu’on a dit vous parle, vous sentez qu’il y a des liens, des synergies, des collaborations possibles, on est ravi de co-créer, d’animer, de vous aider à faire des ateliers sur mesure par rapport à vos réalités de terrain ». Donc c’est très vaste, c’est juste porte ouverte en disant « Contactez nous, on va s’entraider ».
Synthèse en mots-clés
- [00:21:31] Michel Godart: Si je reprends le même concept que j’utilisais tantôt pour résumer l’atelier un et l’atelier deux avec des mots-clés, ici, dans celui-ci j’aurais envie de dire qu’il y a plus de souplesse? Il y a une écoute du terrain, de la co-construction j’entends aussi (Sophie Mentior: Tout à fait) qu’il y a un certain pragmatisme?
- [00:21:44] Sophie Mentior: Il y a l’adaptabilité, en tous cas au public, à la thématique. On met toute notre créativité, tous nos outils à disposition du public qui nous contacte.
Just be WOW, vision, impact et ambitions
- [00:21:53] Michel Godart: Alors on a fait le tour des trois ateliers aujourd’hui, donc merci à tous les deux. On va tout doucement arriver à la clôture de ce podcast, et je vais vous demander quand même quelle est votre vision globale et l’impact, vos désirs en fait, quelque part.
- [00:22:04] Sophie Mentior: Alors, la vision globale qu’on a, c’est que, à terme, Olivier et moi, on aimerait cette année en tout cas et l’année qui vient de s’écouler, on construit vraiment tous nos outils, on l’expérimente sur le terrain, on affine aussi, parce que clairement on apprend tous les jours. C’est notre richesse à nous, c’est notre bonheur, c’est de continuer d’apprendre tous les jours au contact des jeunes. On affine nos outils, mais c’est vrai qu’à terme, ce qu’on aimerait en fait c’est : pouvoir enseigner tout ce que nous on est en train de créer, former en fait des collaborateurs avec qui on pourrait avoir plus d’impact dans le sens où on pourrait accueillir plus de groupes et avoir une portée plus grande. Donc ça, c’est notre souhait.
Avec quoi repart un·e jeune ?
- [00:22:39] Michel Godart: Je me posais la question Sophie, si on revient vers le jeune, et qu’il repartent de ces ateliers avec une seule chose, ce serait quoi?
- [00:22:45] Sophie Mentior: Une meilleure connaissance de soi, et on espère une pacification. Pacification intérieure, d’avoir une meilleure connaissance de qui il est, et d’avoir un plus grand respect pour qui il est. Une meilleure conscience.
- [00:22:55] Michel Godart: Ouais? Et c’est une mise en cascade sur l’école, la relation de groupe, les parents. Enfin, on l’a compris hein, dans tout ce que vous avez dit.
- [00:23:01] Olivier Mageren: Moi ça serait l’amour de soi, que le jeune s’aime encore plus, surtout dans cette période de transformation où tout bouge, où… Le contexte d’un ado c’est pas évident, donc déjà je trouve s’aimer, c’est déjà fabuleux. Et ensuite trouver du plaisir et de la joie à aimer communiquer, parce que qu’on le veuille ou non, même se taire c’est communiquer, et donc c’est comment trouver de la joie et du plaisir à communiquer. Comme ça on crée des relations plus belles, et pour prendre du plaisir ben il faut développer des aptitudes, je pense qu’un violoniste il prend du plaisir parce qu’il a pratiqué et puis qu’ensuite il peut en faire des prouesses (Sophie Mentior: Et partager) et il peut partager, il peut inspirer les autres. Donc je pense que c’est, c’est ça.
- [00:23:34] Sophie Mentior: Et moi j’ajouterai peut-être aussi : je souhaiterais qu’il reparte avec la conscience de son unicité, qu’il puisse se rendre compte de la diversité des talents entre guillemets multiples, que tout le monde a autour de lui, de tous les jeunes qu’il aurait rencontré, mais du coup qui se rendent compte aussi du cadeau que lui il est pour la société et pour les jeunes.
Juste be WOW, le lien avec le Love Health Center
- [00:23:51] Michel Godart: Tu m’as volé le mot de la bouche, j’allais y venir : la gratitude. J’ai le sentiment quand je vous écoute, que c’est aussi apprendre la gratitude envers soi, sa vie, envers son environnement, ses proches, son groupe, ses parents. Parce qu’il y a des belles choses en fait dans tout, même quand on pense que tout est mauvais, tout est pire (Sophie Mentior: Tout à fait). Alors Olivier, c’est quoi le lien avec le « Love Health Center » finalement? (Olivier Mageren: Oui), on pourrait se poser la question, non?
- [00:24:10] Olivier Mageren: Oui. Ben le lien c’est (Michel Godart: Il parait évident hein?). Oui, il est évident c’est, à la fois, on est un centre créateur et innovateur, on aime innover parce qu’en fait, voilà si on s’adapte au monde, on innove.
- [00:24:22] Michel Godart: Ah vous êtes super innovants. La preuve, il y a un podcast.
- [00:24:25] Olivier Mageren: Ensuite, de travailler tant sur l’individuel que le collectif. Et dans ce projet-ci avec les jeunes, on travaille sur ça, sur l’individuel, le collectif et le futur de la société. On travaille sur le bien-être et l’intégration du corps. Certes, voilà, c’est pas directement lié à la sexualité mais de toute façon, dès qu’on parle sexualité on parle d’attirance, de désir, d’aller vers l’autre, pour différentes raisons. Attirance, attraction ou rejet, distance. Mais on est toujours dans cette même dynamique, et on sait qu’une fois qu’on ouvre une porte on peut parler de plein de sujets.
- [00:24:52] Michel Godart: C’est l’ADN du Love Health Center ça?
- [00:24:54] Olivier Mageren: Oui on est aussi dans une ADN de pionniers, d’oser proposer des choses, de ne pas accepter ce qui existe comme « La solution finale », et que tout va bien et qu’il faut perpétuer ce qui existe. C’est de dire « Ben on est acteur ». Moi, j’aime bien que ma vie soit passionnante parce que ça inspire la vie des jeunes, et les jeunes ils adorent travailler avec des adultes passionnés, inspirants, qui bougent, qui créent, proposent autre chose. Et donc, ça fait une émulation aussi, des vie beaucoup plus complètes et épanouissantes.
Synthèse en mots-clés
- [00:25:19] Michel Godart: Je vais garder mon petit reflex de mettre des mots-clés pour essayer de voir si je comprends bien les choses c’est : l’innovation sociale, on en a parlé beaucoup. Énormément de créativité, de la transversalité aussi, de la prévention beaucoup, vous en faites beaucoup de prévention au sein du Love Health Center. Le soin du lien, ça c’est de ta force, c’est le soin du lien aux autres, et ça j’admire. Et j’admire chez vous deux d’ailleurs, c’est peut-être ce qui vous rejoint le plus. Alors on va parler maintenant d’un autre mot-clé, qui est le mot clé don. Parce que je l’ai dit dans le premier épisode, je le répète dans le deuxième, c’est bien vous avez des subsides mais… Ce serait encore mieux si vous pouviez aller plus loin (Olivier Mageren: Oui) et plus fort. On parle des projets futurs, rapidement?
Appel : groupes 15–25 non scolaires et permanence jeunes
- [00:25:51] Sophie Mentior: Donc effectivement, on a reçu des subsides. Donc on cherche encore aujourd’hui des groupes à animer, donc des groupes de jeunes non scolaires de 15 à 25 ans avec qui on pourrait proposer justement ces quatre fois 2h de session autour des violences et du harcèlement. Donc, s’il y a parmi les auditeurs des gens en lien avec des structures qui pourraient faire appel à nous, ben qu’ils nous contactent, on serait ravis de collaborer avec eux. Et la deuxième chose, c’est qu’Olivier et moi, on aimerait énormément créer une permanence en fait pour les jeunes. On aimerait nous mettre à disponibilité pour que les jeunes puissent venir nous poser leurs questions, etc. Et que tous ces jeunes qu’on aurait eu l’occasion de rencontrer, notamment dans toutes les activités qu’on propose, puissent revenir vers nous à un moment de leur vie où ils en ont besoin, où ils ont des questions qu’on soit facilement accessible. Mais donc, évidemment on souhaite que ce soit gratuit pour ces jeunes, pour qu’ils n’aient pas la barrière de l’argent. D’où le besoin de dons.
Permanence physique et besoin de soutien
- [00:26:41] Michel Godart: Et je dirais bénévole aussi? Pour le téléphone où…?
- [00:26:44] Sophie Mentior: On ne compte pas mettre une permanence téléphonique, on souhaite vraiment faire une permanence physique (Michel Godart: Plus riche), on va plutôt chercher un local, voilà. Et donc on s’est dit qu’on allait voir un peu avec, peut-être des maisons de jeunes ou quoi, si on pouvait avoir un local et ce genre de choses à notre disposition pendant 1h une fois par mois à différents lieux, comme ça les jeunes savent quand et où nous trouver. Mais donc pour nous rétribuer pour ces heures-là qu’Olivier et moi on souhaiterait vraiment mettre en place pour ces jeunes, on aimerait recevoir du soutien. Et donc on invite toutes les personnes qui nous écoutent à transférer le message à toutes les personnes qui peuvent être susceptibles de rentrer en résonance avec notre projet et nous soutenir financièrement. C’est vrai que tous les dons font la différence. 3€ ça peut paraître pas grand-chose, mais 3€ plus 3€ plus 3€, ça peut financer 1h de notre temps et donc…
- [00:27:31] Michel Godart: Une petite somme mensuelle chez plein de gens (Sophie Mentior: voilà), ça fait une montagne. Et c’est ce qu’on vous souhaite!
« Les Lucioles » : mensualités de soutien
- [00:27:35] Olivier Mageren: Ici on enregistre le podcast en janvier 2026, on a mis en place un nouveau système de donation qui s’appelle « Les Lucioles » du Love Health Center. Donc voilà c’est un nom un peu poétique, pour les contributeurs donateurs, où on propose des mensualités de trois, six, neuf, douze, 20 ou 40€ par mois, selon les moyens de chacun. Et de se dire que : on a besoin, en tant que pionniers et innovateurs, d’avoir du soutien et de l’aide. Et je sais aussi que beaucoup de gens ont la possibilité de financer trois, quatre, cinq assoces. Si c’est 3 € par mois, on peut parfois se le permettre. Je connais des gens qui adorent « Moi, j’ai une passion pour l’écologie, les animaux et la jeunesse et je donne 5€ chaque mois à trois assos différents ». Je suis un peu dans cet état d’esprit de se dire que dans l’écosystème, sociétal, on peut créer une communauté, même qui ne se connait pas, mais en tout cas de lucioles qui nous permettent de proposer nos activités, entre autres avec les jeunes, et de simplement œuvrer à la création d’une plus belle société quoi!
Gratitude et invitation à partager
- [00:28:28] Sophie Mentior: On est plein de gratitude évidemment si vous avez l’envie de soutenir notre projet. Nous, en tout cas, on a plein d’énergie à offrir à ces jeunes, on a plein d’idées, on voit qu’il y a beaucoup de travail qui nous attend. On est très enthousiastes en tout cas de faire ce qu’on fait. Ça nous anime, ça nous rend vivants, un grand merci en tout cas déjà d’avoir écouté jusqu’au bout, et merci si ça résonne de partager effectivement.
Rituel de clôture : gratitude et rappel voicemail
- [00:28:49] Michel Godart: Alors on a un rituel de clôture Olivier? Je vais rester conforme à tes habitudes, on a un rituel de clôture qui est la gratitude. Donc avant de conclure par « Et vous savez, il y a un message voicemail possible qu’on peut laisser aux Love Health Center en dessous de ce podcast avec un lien ». J’ai envie de dire que cette fois va clôturer l’épisode par deux simples phrases de clôture en gratitude.
Remerciements de Sophie
- [00:29:07] Sophie Mentior: J’ai très envie de te remercier Michel, parce que c’est grâce à toi que nous nous sommes rencontrés et que ce projet est né. Donc un grand merci.
- [00:29:15] Michel Godart: Merci.
Remerciements d’Olivier
- [00:29:16] Olivier Mageren: Moi j’ai envie de remercier mon épouse Katalin, qui au quotidien est une pépite pour me permettre d’apporter au monde des belles choses, voilà, c’est ce qui m’anime dans mon cœur en tant que créateur, comme on l’est tous d’ailleurs, mais de pouvoir œuvrer à ce qui pour moi me paraît le plus important, ce que je peux apporter de plus beau et d’aider tout un chacun. Donc vraiment merci à ma compagne qui au quotidien voit aussi tout le parcours que ça représente depuis déjà sept ans. En mars, ça fera sept ans. Donc c’est pas toujours simple et il faut beaucoup de résilience, et d’abnégation, et de rebondir, et d’amour, et de compassion envers soi-même. Donc c’est un long chemin mais quand je vois les moments magiques que je passe avec les jeunes, à chaque fois je me dis « Waouh, quelle chance j’ai! Ou que je m’offre aussi hein? Évidemment, d’être en contact avec la jeunesse de manière aussi intime ».
Clôture épisode Just be WOW
- [00:30:02] Michel Godart: Je la connais Kataline hein? Donc j’ai envie de clôturer par « Katalin, you are the pillars of Olivier ». Merci à tous et à toutes (Sophie Mentior: Merci beaucoup) et on se retrouve pour de prochaines aventures avec « Entr’nous » sans ma voix, et on reprendra la voix d’Olivier. À bientôt.
- [00:30:15] Sophie Mentior: À bientôt.
- [00:30:16] Olivier Mageren: À bientôt.
- [00:30:17] Jingle Outro: Entr’nous. Entr’Nous, le podcast, pour parler, de sexualité. Par vous, avec vous, pour vous.
