Câlinothérapie, Madline #77
La câlinothérapie avec Madline
On vous propose de découvrir la câlinothérapie grâce à Madline, praticienne, pionnière et enseignante de cette pratique à Bruxelles.
Mon désir était de donner la parole à Madline pour qu’elle puisse exprimer librement ce qui lui tient à cœur. Qu’a-t-elle envie de partager sur sa profession ? Qu’a-t-elle envie que les gens sachent de son métier ?
C’est une pratique assez peu connue et qui se professionnalise. Elle repose sur des bases scientifiques. Le nombre de praticien.ne.s augmente. Vous en avez peut-être un.e près de chez vous ? Allons à la découverte de la câlinothérapie.
À la demande de Madline, j’y partage également mon avis de sexologue sur la beauté de cette pratique. Une expérience à découvrir.
L’hygiène de vie actuelle pourrait très bien s’enrichir des bienfaits des câlins. Redécouvrir le contact par une nouvelle pratique. Embellir sa propre vie grâce à la présence chaleureuse d’un corps et d’une âme, sans enjeux affectif. Une nouvelle thérapie qui passe par le corps plus que par les mots. Un rapport entre deux corps dans un cadre clair, précis et sécurisant. Un rapport décomplexé aux contacts tactiles, enveloppants, aimants, désexualisés.
Le mental est si présent dans notre société. Alors que la vie se passe dans le corps. La vie passe par l’expérience vécue par le corps. Apaiser le mental grâce à un cadre clair pour ainsi lâcher prise, s’ouvrir, savourer en confiance et laisser le corps se nourrir à son rythme.
Est-ce que la câlinothérapie parle à votre corps ?
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Liens bonus :
- Le site web de Madline pour les consultations câlinothérapie
- Le site de l’école de Madline pour la câlinothérapie
- Enlacer pour apaiser et soigner : Madline a fait de la câlinothérapie son métier 10 juin 2023, 5 min – Par Emilie Eickhoff et Gilles Monnat
- Episode 71 : EVRAS, Just be wow – Sophie Mentior & Olivier Mageren. Le contact et le corps dans l’éducation et l’épanouissement d’un ado.
Partie 1 – Partie 2
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L’épisode câlinothérapie via notre chaîne Youtube :
Séquençage du podcast Câlinothérapie, Madline :
- [00:00:20] Qui est Madline et pourquoi a-t-elle choisi la câlinothérapie ?
- [00:01:02] De la pandémie à une nouvelle vocation en câlinothérapie : son parcours vers ce métier
- [00:01:29] Pourquoi parler du besoin de contact humain aujourd’hui ?
- [00:02:43] La câlinothérapie : qu’est-ce que c’est exactement ?
- [00:04:05] Câlinothérapie : pourquoi le simple fait de toucher ou d’être touché n’est pas si évident
- [00:06:20] Grandir sans câlins : un manque plus fréquent qu’on ne l’imagine
- [00:06:43] Câlinothérapie, le toucher : l’un des besoins fondamentaux de l’être humain
- [00:08:08] Pourquoi les hommes manquent souvent plus de contact physique que les femmes
- [00:10:30] Oxytocine, dopamine, sérotonine : ce qui se passe réellement dans le corps avec la câlinothérapie
- [00:12:32] Les câlins (câlinothérapie ) peuvent-ils améliorer notre santé mentale ?
- [00:13:45] Quand le besoin de contact est confondu avec le besoin de sexualité
- [00:15:11] Pourquoi un câlin de quelques secondes ne produit pas les mêmes effets
- [00:17:45] Consentement : la base indispensable de toute séance de câlinothérapie
- [00:19:14] Comment apprend-on à demander, accepter ou refuser un contact ?
- [00:21:16] Que vivent les personnes qui ont grandi avec peu ou pas de tendresse ?
- [00:23:33] Câlinothérapie : peut-on ressentir une vraie connexion à travers les vêtements ?
- [00:25:07] Faut-il être nu pour bénéficier des bienfaits du toucher en câlinothérapie ?
- [00:25:37] La câlinothérapie auprès des personnes en situation de handicap
- [00:29:39] Pourquoi le besoin de contact ne disparaît jamais
- [00:31:10] Câlinothérapie : peut-on toucher un corps sans toucher aussi l’être humain derrière ?
- [00:32:00] Le sujet qui tient le plus à cœur à Madline
- [00:33:26] Ce que la câlinothérapie change concrètement dans la vie des personnes
- [00:34:43] Câlinothérapie : les câlins comme hygiène de vie émotionnelle
- [00:35:04] Pourquoi certaines personnes s’offrent des séances de câlinothérapie régulièrement
- [00:38:03] Comment la câlinothérapie se professionnalise et se développe
- [00:40:36] Le cadre de sécurité qui protège praticien et consultant en câlinothérapie
- [00:41:31] Câlinothérapie : masculinité, solitude et manque de tendresse
- [00:45:01] Câlinothérapie : les parents solos, une réalité souvent oubliée
- [00:46:01] Câlinothérapie, comment continuer à nourrir le besoin de contact chez les adolescents
- [00:47:46] Érection, réactions du corps et idées reçues sur la câlinothérapie
- [00:48:19] Le message final de Madline – Câlinothérapie
- [00:49:53] Comment découvrir la câlinothérapie près de chez soi
La transcription du podcast « Câlinothérapie, Madline » :
[00:00:00] Jingle Intro: Entr’Nous. Entr’Nous, le podcast, pour parler, de sexualité. Par vous, avec vous, pour vous.
Qui est Madline et pourquoi a-t-elle choisi la câlinothérapie ?
[00:00:20] Olivier Mageren: Bienvenue dans le 77? épisode du podcast « Entr’Nous », Le podcast du « Love Health Center », un centre basé à Bruxelles dont l’intention est d’aider tout un chacun, l’individu et la société, sur les thématiques intimité, relations et sexualité. Alors aujourd’hui, j’ai la chance d’inviter Madline au micro. Bonjour Madeline
[00:00:36] Madline: Bonjour Olivier
[00:00:37] Olivier Mageren: Comment vas-tu?
[00:00:38] Madline: Bien écoute ça va bien, ça va bien, on se réveille doucement.
[00:00:41] Olivier Mageren: Alors aujourd’hui on va parler d’un super sujet, je crois qu’il concerne tous les humains depuis qu’on est bébé: la câlinothérapie.
[00:00:48] Madline: Tout à fait.
[00:00:49] Olivier Mageren: Avant de rentrer dans le sujet, est-ce que tu pourrais te présenter?
[00:00:52] Madline: Oui, tout à fait. Je m’appelle Madline, je suis Calino-thérapeute et je reçois à Bruxelles dans mon cabinet, et je me déplace également en institution pour les personnes en situation de handicap.
De la pandémie à une nouvelle vocation : son parcours vers ce métier
[00:01:02] Olivier Mageren: Juste indicativement, tu fais ça depuis combien de temps? Qu’est-ce qui t’a passionnée?
[00:01:07] Madline: Alors j’ai commencé en 2020, entre les confinements, je me suis formé en ligne principalement au début pendant le Covid. Et entre les confinements, quand on pouvait commencer à revoir des gens, mais qu’on était masqués, désinfectés… J’ai commencé à travailler, et voilà je travaille non-stop depuis cette période-là.
[00:01:24] Olivier Mageren: Comme quoi, cette transformation de société en 2021, ça a apporté beaucoup de belles choses.
[00:01:28] Madline: Merci.
Pourquoi parler du besoin de contact humain aujourd’hui ?
[00:01:29] Olivier Mageren: Et alors on a l’habitude et le rituel de présenter, avant de commencer et d’aborder un sujet, notre intention respective. Pourquoi on fait ce podcast?
[00:01:37] Madline: Ok
[00:01:37] Olivier Mageren: Est-ce que tu veux commencer ou je commence?
[00:01:39] Madline: Je peux y aller. Alors, mon intention du jour, ça va être de sensibiliser les gens au contact tactile et au besoin du contact tactile. Et d’amener une proposition de solution, quelque chose qui soit vraiment actionnable, qu’on puisse essayer de mettre en place, qu’on puisse tester, voilà.
[00:01:54] Olivier Mageren: Et pour ma part, mon intention, c’est de te donner la parole en tant que professionnelle passionnée, qui est quand même connu à Bruxelles (Madline: Merci), mais peut-être, enfin j’espère de plus en plus hein? Selon tes désirs. Et de t’offrir un espace de parole libre, c’est-à-dire l’espace il t’appartient, c’est un moment de papote qu’on offre à tout le monde, où, tu es la chef d’orchestre un peu d’un moment, parce que je sais qu’il y a déjà eu… Enfin si on tape Câlinothérapie sur internet on trouve déjà pas mal d’informations, des articles, des vidéos. L’idée, c’est pas de répéter pour la énième fois des choses que tu as déjà dites par exemple, et tu m’as parlé entre autres d’une vidéo qui est bien faite, qu’on peut peut-être relayer aussi?
[00:02:26] Madline: Oui, et je trouve qu’une vidéo qui traduit bien l’ambiance de ce qui pourrait se passer en séance, c’est une vidéo qui a été réalisée par le programme Views de la RTBF. Qui a pas mal tourné sur les réseaux sociaux, elle est vraiment chouette, elle donne une bonne image de ce qui se passe en séance.
[00:02:42] Olivier Mageren: Merci
[00:02:42] Madline: Je t’en prie.
La câlinothérapie : qu’est-ce que c’est exactement ?
[00:02:43] Olivier Mageren: Et pour les gens qui découvrent, c’est quoi un peu le b-a ba pour comprendre ce que c’est, et ce que ce n’est pas d’ailleurs, et comment ça se distingue peut-être de pratiques qui semblent similaires mais qui ne le sont pas du tout en fait. Et ensuite aussi, qu’est-ce que tu aimerais que les gens sachent à propos de ton métier ou de ta profession, du service que tu fais.
[00:02:58] Madline: Alors la câlinothérapie, c’est une pratique qui est purement platonique, et qui permet d’amener une réponse au besoin de contact tactile dans un cadre qui est vraiment sécurisé. Donc les gens viennent en séance, moi je fais une différence entre les séances de câlinothérapie et les ateliers. Il y a parfois des ateliers collectifs que j’appelle les ateliers consentement et câlins, j’en donne l’un ou l’autre chaque année. Et le but, en séance de câlinothérapie, c’est vraiment d’apporter une réponse personnalisée qui va au rythme, et en fonction des besoins de la personne, qui vient en séance, pour les détendre et leur permettre d’accéder à une solution qui répond à leur besoin de contact tactile.
[00:03:43] Olivier Mageren: Comme c’est un moment qu’on s’offre à tous les deux finalement, mon plaisir moi en tant que sexologue de t’interviewée et vice versa… C’est peut-être inhabituel dans nos podcasts, mais tu peux me questionner aussi du point de vue de sexologue, ou que sais-je. Ça peut être une interaction comme si on buvait un verre sur une terrasse avec plein d’auditeurs autour de nous.
[00:03:58] Madline: Et des micros devant nous.
[00:03:59] Olivier Mageren: Et des micros devant nous. Effectivement
[00:04:00] Olivier Mageren: Oui, super. Ben très bien, on va faire ça parce que, en effet, j’ai des questions pour toi également.
Pourquoi le simple fait de toucher ou d’être touché n’est pas si évident
[00:04:05] Olivier Mageren: Génial! Moi, en tant que sexologue par exemple, je me fais la réflexion: la rencontre de deux corps c’est quand même pas si évident que ça. On a l’impression, on pourrait dire, ah ben quand on parle de sexualité on va déjà nettement plus loin. Mais avant tout, c’est déjà deux corps qui vont se rencontrer. On croit que c’est évident, facile, inné, banal. Enfin, finalement ben depuis qu’on est bébé, on est touché. Mais ça me paraît pas si évident que ça en fait, quand on s’arrête un instant un peu comme en slow sex, on ralenti pour vraiment voir ce qui s’y passe. La câlinothérapie ouvre tout un champ de conscience je dirais, qui est parfois un peu peut-être passé en vitesse. On ne s’arrête pas nécessairement juste en disant « Si ce n’était que le contact, qu’est-ce qu’on ferait comme on le ferait? ». Je ne sais pas ce que ça t’inspire comme réflexion.
[00:04:45] Madline: Et ben ça m’inspire que c’est loin de l’être, ce côté inné et évident, justement. Et que pour ceux d’entre nous qui ont la chance d’avoir régulièrement eu du contact tactile dans leur vie, il faut comprendre que par rapport à d’autres personnes dans notre société, c’est un privilège, c’est vraiment une chance, qu’on est loin d’être égaux à ce niveau-là. Il y a des gens qui ont des parcours de vie beaucoup plus difficiles, beaucoup plus chaotiques, et pour lesquels le contact tactile n’a pas du tout été quelque chose qui a été prédominant dans l’éducation. Donc on pense aux enfants, par exemple qui sont souvent touchés, choyés et autres, le nombre de personnes qui viennent me voir en séance et qui me disent « Mais vous savez, moi, mes parents ne m’ont jamais pris dans leurs bras » et c’est quelque chose qui est récurrent, enfin qu’on me dit régulièrement, alors que ça ne correspond pas à l’imaginaire collectif qu’on va avoir d’un enfant qui est quand même aimé a priori, parce que c’est quand même souvent le cas des gens qui viennent me voir. Leurs parents les aimaient mais n’étaient pas des gens qui s’exprimaient de cette façon-là. Donc on n’est pas égaux face au contact tactile qu’on a reçu. Et puis il y a une autre vérité, c’est que une fois qu’on grandit, ce contact tactile avec nos parents il diminue de plus en plus. Dès l’adolescence, il y a presque plus de contact tactile, si ce n’est la bise ou peut-être une main sur l’épaule, mais ça devient tout de suite beaucoup plus distancié. Alors que ce besoin tactile, il reste là. Alors l’adolescence, c’est une période très spécifique et avec ses propres challenges et ses propres besoins. Mais notre besoin ne disparaît pas pour autant, cependant on n’a souvent pas de solution.
Grandir sans câlins : un manque plus fréquent qu’on ne l’imagine
[00:06:20] Olivier Mageren: J’ai l’impression qu’effectivement, comme tu dis: bébé, enfant, pré-ado, limite on a davantage de nutriments tactiles. Et que plus on devient adulte et plus les gens, dépendants de leur contexte et de leurs habilités, sont presque en carence en fait.
[00:06:33] Madline: Alors oui, mais vraiment, ce qui est important, c’est de se dire que même enfant, on n’est pas égaux (Olivier Mageren: Oui), qu’il y en a qui sont beaucoup plus lésés que d’autres, et c’est important d’avoir ça en tête.
Le toucher : l’un des besoins fondamentaux de l’être humain
[00:06:43] Olivier Mageren: Ça me fait penser, tu sais je fais de l’EVRAS hein? (Madline: Oui) Je travaille sur les thématiques vie relationnelle, affective et sexuelle à l’école. Souvent on parle aussi de: comment on se sent aimé? Comment on exprime l’amour? Comment… Et je parle entre autres du livre « Les cinq langages de l’amour », qui est très connu. Et dont un… Évidemment les moments de qualité et ainsi de suite, mais aussi (Madline: Le contact tactile, oui) le toucher en fait, le toucher fait partie… Évidemment, comment on se sent aimé, il n’y a pas de formule magique, il y a des millions de solutions et d’expressions de l’amour, mais il y a quand même cinq tendances qui sont relevées dans ce livre qui sont vraiment pertinentes, qui nous relient humainement. C’est quand même un des cinq piliers, c’est le toucher quoi. C’est quand même pas anodin!
[00:07:16] Madline: Non, et c’est un pilier qui est souvent négligé. Donc c’est important de se rendre compte et de continuer à sensibiliser à cette importance-là, qui est cruciale pour notre bien-être. On considère que les êtres humains, en anglais ils disent « are wired for touch and social connection ». Donc comme si on était câblé pour la connexion humaine et le contact tactile, qu’on a ce besoin vraiment, comme si c’était un besoin physiologique. C’est pas comme si, c’est un besoin physiologique, qui a des conséquences. Et c’est quelque chose dont on est encore trop souvent pas très au courant, ou qu’on sous-estime énormément. Et ça c’est un de mes combats, c’est d’essayer d’en parler au maximum pour que les gens puissent savoir à quel point c’est important, pourquoi est-ce qu’il faut essayer de l’honorer, et ce qu’on peut essayer de mettre en place pour pouvoir corriger et apporter une réponse satisfaisante à ce besoin.
Pourquoi les hommes manquent souvent plus de contact physique que les femmes
[00:08:08] Olivier Mageren: Tu parlais justement de l’âge de la personne (Madline: Oui) et son histoire unique. Me vient à l’esprit aussi en EVRAS, j’ai observé plusieurs fois ce semestre-ci, mais c’était flagrant, vraiment je travaille avec des quatorze-quinze ans. Et je voyais les garçons, majoritairement, dans plusieurs classes hein? En fait les garçons, ils vont se toucher mais ils vont se taper l’épaule, ils vont se taper la jambe, ils vont se taquiner, ils vont toucher le visage mais vraiment pour un peu provoquer, jouer mais, c’est plutôt un contact provocateur mais parfois un peu malaisant pour relâcher une tension, des choses comme ça. C’est fréquent de les voir, c’est vraiment une claque ou une frappe (Madline: Oui) pour s’amuser, un peu virile comme ça (Madline: Oui), un peu. Et, c’est arrivé deux fois cette année, récemment, les deux derniers mois ici, où à la pause, et bien des filles se faisaient des massages (Madline: Oui). Donc elles étaient trois ou quatre alignées, c’était la pause on fait quelques minutes, et elles se massent, réellement. Ou bien pendant la session, il y en a une qui est un peu couchée sur l’autre, ou qui met les jambes sur l’autre, il y a un côté plus tactile, présent, en douceur, en délicatesse. Enfin, c’est évidemment la phase pubère, mais ça n’empêche que le rapport au tactile entre les garçons et les filles, sans en faire des généralités, sans être binaires hein? Ce n’est pas le propos hein? (Madline: Oui, oui. Bien sûr), on ne sait pas comment l’enfant va se développer ou quoi que ce soit, mais il y a une grosse différence entre les filles et garçons. Est-ce que tu vois quelque chose, toi dans ta pratique par rapport aux hommes? Qu’est-ce que tu as envie d’en dire?
[00:09:17] Madline: Alors c’est quelque chose qui est étudié. Bon, par rapport à ma pratique, il y a une légère majorité d’hommes, elle n’est pas énorme hein? On est genre à 55 % d’hommes, il est évident que je considère toute personne trans dans cette catégorie-là évidemment. Mais donc on est sur une légère majorité. Ce qui est étudié, c’est la différence de besoins tactiles entre les hommes et les femmes. Et, bon évidemment c’est très binaire dans ces études-là, mais c’est quand même assez représentatif. On considère qu’aussi bien les hommes et les femmes en ont autant besoin l’un que l’autre, mais que les hommes y ont moins accès. Alors j’ai envie de dire, pour une fois que c’est les hommes qui ont moins que les femmes, c’est presque remarquable. Mais, voilà, les hommes n’ont pas accès à ça parce que justement quand il y a du contact tactile c’est plutôt du contact tactile un peu viril, qui manque souvent, et c’est eux-mêmes qui en témoignent, de cette douceur et de cette bienveillance. Donc oui, il y a une iniquité entre les hommes et les femmes dans ce cadre-là.
[00:10:13] Olivier Mageren: Ouais. C’est comme si parfois les hommes s’autorisent pas à toucher de tendresse, par exemple.
[00:10:17] Madline: Non. Non, entre hommes non. Sinon tout de suite on a l’air gay, et ça c’est la fin du monde hein? Évidemment on le sait. Non, non, mais c’est vrai qu’il y a quelque chose de très vrai à ce niveau-là. Et c’est dommage, et c’est bête, et ce serait bien si on pouvait faire évoluer les choses mais ça prend du temps.
Oxytocine, dopamine, sérotonine : ce qui se passe réellement dans le corps
[00:10:30] Olivier Mageren: Est-ce qu’on pourrait parler par exemple de l’aspect hormonal? Parce que c’est (Madline: Tout à fait) les hormones, c’est aussi lié au bien-être. Voilà, je te laisse la parole (Madline: Oui). Voilà, si on touche quelqu’un il se passe quelque chose dans la biologie intérieure, dans ce cocktail hormonal à l’intérieur et c’est ça qui se joue finalement quoi.
[00:10:45] Madline: Tout à fait. Donc, ce qu’il y a à savoir, c’est que quand on a un contact tactile qui est bienveillant et qui est consenti, évidemment, on ne parle pas de contact abusif. Eh bien, il y a des sécrétions hormonales qui se passent dans notre corps, ce qui veut dire que ça a un impact direct sur la façon dont on va se sentir, voire la façon dont on va se percevoir. Il y a notamment quatre hormones principales qui vont être sécrétées, on parle tout le temps d’elles comme étant les hormones du bonheur, j’aime bien ce moyen mnémotechnique, on parle de sa dose de bonheur: D.O.S.E – dopamine, ocytocine, sérotonine, endorphine. Et c’est assez parlant, parce que, quand j’ai des gens qui viennent en séance, souvent quand ils viennent en tout cas la première séance, ils arrivent avec un visage un petit peu perplexe, et c’est tout à fait normal et je les rassure en leur disant que c’est normal, en se disant « Mais qu’est-ce que je fous là? Dans quoi je me suis encore embarqué, je vais aller me faire faire des câlins par quelqu’un que je ne connais pas, que j’ai à peine eu au téléphone. Qu’est-ce que c’est que cette histoire? ». Donc les gens arrivent dans cet état-là, encore une fois, parfaitement normal, et ils repartent il faut que je leur rappelle de lever les pieds pour monter les quatre marches de l’escalier qui sort de mon cabinet. Et ça, c’est la beauté des hormones justement, c’est que la sécrétion de ces quatre hormones principales, et l’impact que ça va avoir sur le niveau de cortisol, et bien, amène à un état de détente profonde. Ça amène aussi à se sentir plus à l’aise dans son corps, plus connecté avec son propre corps. Ça a l’air assez magique comme ça parce que, entre guillemets tout ce que je fais, c’est loin d’être le cas mais, si on le voit de l’extérieur on peut se dire que tout ce que je fais c’est prendre les gens dans les bras et leur faire des caresses dans les cheveux quoi. Mais c’est d’une puissance assez importante, et ce que j’aime bien dire c’est qu’en fait c’est drôle parce que les gens sont défoncés à leurs propres hormones.
[00:12:27] Olivier Mageren: À dose physiologique, voilà, il n’y a que des effets secondaires positifs.
[00:12:31] Madline: Oui, tout à fait, tout à fait, tout à fait.
Les câlins peuvent-ils améliorer notre santé mentale ?
[00:12:32] Olivier Mageren: Et d’ailleurs on le sait bien, quand, là tu prends soin finalement du corps et de l’esprit, c’est une question de santé corporelle et de santé mentale, même relationnelle aussi, à un certain degré hein? Et on sait bien que quand on a toutes ces hormones, notre état d’esprit, nos pensées, notre manière de penser, nos relations, notre humeur change. C’est le début d’une mélodie différente, puisque ces hormones vont soutenir probablement une manière de penser différente que si on est en manque, en carence, ou en stress, ou en… Oui, parce qu’il y a tellement de stress dans la vie, là on revient plutôt « Ok chill » (Madline: Oui), on apaise tout le système nerveux (Madline: Tout à fait), parasympathique et sympathique et puis, quelque chose d’autre peut se produire ensuite quoi.
[00:13:08] Madline: Oui. Justement quand j’ai commencé la Câlinothérapie, j’ai eu la volonté de faire un podcast justement, et j’ai fait un épisode, et j’ai jamais continué. Mais j’ai interviewé une connaissance qui est sexologue justement, et elle disait qu’un des avantages qu’elle elle y voyait, c’était potentiellement que les gens qui ont ce besoin, et notamment un besoin romantique ou un besoin de trouver une connexion, d’avoir quelqu’un dans leur vie ou quoi, et bien ce besoin peut être un petit peu apaisé également et que la personne va potentiellement moins facilement projeter, moins facilement transférer. Et que tout ça ce sont des conseils qui sont intéressants, surtout si peut-être il y a un trouble de l’attachement ou des choses comme ça.
Quand le besoin de contact est confondu avec le besoin de sexualité
[00:13:45] Olivier Mageren: Oui je fais souvent référence aussi à un article scientifique dont le titre, de mémoire c’est « 237 raisons de faire l’amour », et c’est juste sur un échantillon de quelques milliers de personnes. Donc, si on faisait sur plusieurs milliards, sur plusieurs siècles, on se rendrait bien compte que c’est complexe et que parfois beaucoup de gens vont vers la sexualité parce que ben ils apprécient. Simplement le contact physique (Madline: Oui), ça les nourrit, la nudité, que sais-je mais en fait… Ok il y a, le génital où la sexualité est inclue, mais ce pourquoi ils y vont, c’est pour des sujets de contact tout simple et basique en fait. Comme certaines femmes parfois témoignent: « Ah mon mec quand il vient me toucher », c’est une amie qui m’a dit ça récemment, elle me dit « Ben quand il vient me toucher, je sais déjà que c’est pour baiser quoi ». C’est ses mots, c’est un peu vulgaire, mais c’était un peu « Ben ok, quand il vient me toucher, je sais déjà ». Et en fait c’est comme si on touche pas, et puis tout de suite on touche pour, pour obtenir quelque chose du corps plutôt que de l’apaiser, d’en prendre soin, d’être au service du corps. Plutôt dire utiliser le corps pour obtenir quelque chose. Il y a ce côté, il y a un tel tabou, mal-être au niveau du rapport au corps dans notre société, que certaines personnes, oui elles disent dans leur couple « Ben si il me touche, ok, on sait que c’est le script vers… ».
[00:14:44] Madline: Oui, c’est un peu dommage justement, que souvent le toucher, qu’il y ait des couples comme ça, enfin dommage, je ne juge pas mais je me mets à leur place et je me dis « Ça m’embêterait qu’on me touche, juste entre guillemets, pour s’en servir de préliminaires ou d’indicateur qu’il va y avoir un rapport sexuel », alors que ça peut être justement un joli moyen de témoigner de son affection. Mais là on peut ramener à la théorie des cinq langages de l’amour, justement, et peut-être que ce n’est pas du tout un langage de l’amour chez ce partenaire-là, et que c’est juste un langage d’expression sexuelle et puis voilà.
Pourquoi un câlin de quelques secondes ne produit pas les mêmes effets
[00:15:11] Olivier Mageren: Et en parlant des hormones, ce que j’aime bien rappeler aussi c’est que, c’est connu mais c’est vrai que, le temps que le corps prend à produire les hormones, c’est pas instantané. Ça démarre mais il faut quelques minutes aussi, et puis une fois que c’est produit, eh bien en fait la machine est un peu lancée, mais il y a aussi le fait que le sang, c’est une femme qui faisait des prises de sang à la Croix Rouge. J’avais donné mon sang à la Croix Rouge, je papote, je suis curieux, et elle me disait « Mais en général, le sang il prend environ trois minutes pour circuler dans le corps, c’est-à-dire entre les capillaires et tous les petits vaisseaux, c’est-à-dire pour vraiment renouveler et dire on a fait tout le tour du corps, ça prend trois minutes ». Donc si on imagine que il y a un peu d’hormones qui est produit quelque part, il faut déjà, si on attend juste six minutes, le sang aura circulé que deux fois pour aller nourrir les autres cellules. Je me dis, voilà, être dans le slow, le câlin, prendre du temps de… Je ne sais pas combien dure une séance par exemple, typiquement? Mais voilà, c’est pas anodin, il faut du temps pour se poser, que le système nerveux s’apaise, que les hormones soient produites et qu’elles circulent et nourrissent toutes les cellules. Enfin voilà, il faut ralentir pour ça.
[00:16:06] Madline: Alors j’ai deux choses à dire par rapport à ça. D’une part, il y a des informations qui courent sur Internet en disant qu’il faut 20 secondes pour qu’un câlin soit efficace. Alors ça, je le dis souvent aux gens: c’est pas faux, il y a en effet des choses qui ont prouvé qu’il faut un petit peu de temps pour qu’il y ait des sécrétions hormonales qui puissent commencer. Mais je dis: mais par contre, vous retrouvez, dans la rue par hasard, un super pote que vous avez pas vu depuis dix ans et vous leur sauter dans les bras. Peut-être pas après dix ans, mais après un peu moins de temps, ben dans ce cas-là, ça fait super du bien, et c’est très agréable, et c’est tout à fait euphorisant. Voilà, il n’y a pas eu besoin de ces 20 secondes-là pour que ce câlin hyper intense soit efficace. Mais c’est vrai que on remarque que ça se passe de manière de plus en plus intense, enfin que c’est de plus en plus intense, plus on va prendre le temps de le faire. Et pour répondre à ta question de durée des séances, les séances durent entre 1h et 2h, donc on a le temps.
[00:16:59] Madline: Il y a beaucoup de discussions en début de séance, surtout dans le début de la première séance. Sur les séances suivantes… Donc en début de première séance il faut compter qu’il y a à peu près une demi-heure de discussion, sur les séances suivantes, au début de séance on est entre cinq et sept minutes de discussion et puis on commence le contact tactile. Mais, en fait ce petit sas de décompression avec un petit check-in au début, pour voir comment la personne se sent, qu’est-ce qu’il y a de nouveau dans la vie et tout ça, ça fait déjà partie du travail. Parce que ça permet d’amener la personne à commencer à se détendre, à se mettre dans un état d’esprit où la personne se sent à l’aise, et on peut commencer déjà à se connecter humainement en fait. Ce n’est pas la personne arrive et tout de suite bim bam boum, on est couché sur le canapé et dans les bras et, ce serait extrêmement abrupt. Non, non, on prend le temps d’arriver jusque-là.
Consentement : la base indispensable de toute séance
[00:17:45] Olivier Mageren: J’ai l’impression aussi que c’est réapprendre un peu un langage subtil, lent, de présence, de rapport au corps. C’est comme réapprendre un peu les lettres d’un alphabet avant de pouvoir en faire des phrases. Et il y a aussi la notion de consentement. Est-ce que tu pourrais peut-être développer cet aspect de dire on revient un peu à l’essentiel de certains ingrédients de base, mais avec beaucoup de savoir-faire, parce que ça ne s’improvise pas (Madline: Non). Il y a beaucoup de choses, j’imagine, de subtilités à savoir, mais ça permet peut être d’accompagner des gens, de réapprendre, riche de toute l’expérience passée, de redécouvrir un sujet qui paraît évident, et de réapprendre peut être l’alphabet du toucher, la présence, du consentement.
[00:18:20] Madline: J’ai envie de dire redécouvrir me plait plus, enfin me parle plus. Mais redécouvrir, ou découvrir, parce que de nouveau on n’est pas égaux par rapport à ça. Il y a des gens qui vont me dire « Moi, on m’a jamais pris dans les bras ». Souvent, ils ont déjà eu des rapports sexuels, pas tous, il y en a qui viennent et ça n’a pas été le cas. Mais souvent, ils ont déjà eu des rapports sexuels, mais il n’y a pas eu cette tendresse-là. Et donc ça, ça leur fait énormément de bien évidemment. C’est très apaisant et c’est souvent émouvant et un peu bousculant pour certaines personnes de se retrouver dans des bras bienveillants, sans risque de connotation sexuelle. Parce que, justement ça peut être un poids psychologique de se dire « Ah peut-être que la personne aurait envie de plus et de projeter potentiellement les besoins de la personne ». Non, là on sait qu’il y a un cadre, que c’est tout à fait platonique, qu’il n’y aura rien d’autre que ce contact-là, de pouvoir se dire « OK, je peux me laisser aller là » et de savoir qu’il n’y a rien d’autre qui va en émaner.
Comment apprend-on à demander, accepter ou refuser un contact ?
[00:19:14] Olivier Mageren: Et j’imagine qu’a présent, le consentement est quelque chose qui fait partie de ton quotidien?
[00:19:18] Madline: C’est capital. Bon, déjà, de toute façon quelqu’un qui vient en séance, a priori, il a envie qu’on le touche. Mais la séance va servir à réapprendre à la personne qu’elle a le droit de veto sur son corps. Comme j’aime à le dire, on est souverain de notre corps et de notre corps uniquement, ça veut dire que la personne qui est en séance, elle va à chaque fois avoir à décider ce qui se passe ou non sur son corps. Mais elle va également pas pouvoir décider ce qui se passe ou non avec le mien. Parce que le consentement, il y a le mien qui est important également. Et ça j’essaye d’expliquer aux gens pour que cette nuance-là soit claire, et je vais leur expliquer qu’on va appliquer une forme de consentement qui s’appelle « le consentement demande et attend », qui est traduit en anglais simplement du « ask and wait ». Et où chaque personne va devoir demander avant de toucher, demander « Est-ce que ça vous ferait plaisir que? Est-ce que ce serait agréable que? ». Et en face, la consigne, c’est d’attendre quelques secondes, d’essayer de prendre le temps de ralentir justement comme tu en parlais, et de ressentir quelle est la vraie réponse, et de faire l’exercice, de la verbaliser, ce qui n’est pas toujours facile non plus. Et donc de se dire « Ok, est-ce que ça vous ferait plaisir que ma main vienne se poser sur votre épaule? ». Ok, je prends quelques secondes pour visualiser, pour intégrer et « Et ben non, peut -être que ça me ferait pas plaisir ça aujourd’hui, ou pas maintenant », et prendre ce temps-là. Et donc je demande aux gens d’essayer, et je leur explique que c’est pas forcément facile mais que c’est un bon exercice justement. Surtout quand quelqu’un me dit qu’il est là, notamment pour apprendre le consentement, et bien je leur demande d’essayer de le faire envers moi, également. Et c’est hyper enrichissant, et ça c’est quelque chose typiquement, qui peut se transposer dans plein d’aspects de la vie quotidienne, et éventuellement qui peut aussi se transposer dans la vie sexuelle et romantique quoi, de se dire « Ok, je décide pour moi, mais uniquement pour moi ». C’est très, très, riche.
Que vivent les personnes qui ont grandi avec peu ou pas de tendresse ?
[00:21:16] Olivier Mageren: Qu’en est-il des personnes, justement, il y a le sentiment de sécurité quand on est touché mais: il y a des personnes qui n’ont pas l’habitude d’être touchées, qui n’ont jamais été touchées, de cette manière-là, et qui après quelques instants peuvent ressentir peut)être l’éveil d’une émotion, d’un traumatisme ou se sentir mal à l’aise. Les premières secondes sont peut-être bien et puis des choses émergent, reviennent à la surface, comment?
[00:21:34] Madline: La première chose qui me vient c’est « Eh ben pleure ma biche, il n’y a pas de soucis ». Je dis ça avec un peu d’humour évidemment, mais je veux dire ça m’arrive qu’il y ait des gens qui pleurent dans mes bras, mais je leur explique, au début pendant qu’on discute, que c’est une situation qui peut tout à fait se produire et qu’en fait elle fait partie du processus. Si c’est ce qui est juste, et que si c’est ce dont elle a besoin, et bien très bien, pas de soucis, allons-y. Si c’est ce qui a besoin de s’exprimer, laissons à cette émotion la possibilité de s’exprimer, je suppose que tu connais cette théorie-là, c’est qu’une émotion il faut lui laisser un peu de place pour qu’elle puisse s’exprimer et que c’est comme ça le plus efficace, la façon la plus efficace de faire en sorte qu’elle se calme, qu’elle s’apaise. On lui laisse de la place plutôt que d’essayer de la réprimer, elle s’exprime et ça passe, ça passe, le train passe. Et donc ça m’arrive d’avoir des gens qui s’effondre en larmes dans mes bras, mais qui vont aussi, par exemple, certains ben ils vont demander un peu de temps, un peu de distance. Très bien, on le fait, puis d’autres ils vont me serrer d’autant plus, comme si j’étais une grande peluche. Eh ben très bien, faisons. Et du coup, je sers avec, et on leur amène ce cocon où ils peuvent tout d’un coup laisser passer ça. Et c’est quelque chose qui va arriver par exemple, en cas de séparation difficile, si les gens vivent une séparation, là tout d’un coup retrouver du contact tactile qui n’est pas avec le-la partenaire qu’on a en face habituellement, c’est déjà impressionnant. Ça peut ramener à des choses qui ne sont pas faciles dans cette séparation, mais ça permet de faire circuler et c’est hyper chouette. Et puis il y a aussi tout un tas de personnes qui viennent en séance et qui ont vécu des abus, qui soit physique ou émotionnel, ou psychique plutôt. Et dans ce cas-là, la séance, ça peut aussi être un moment: beau, ça peut être très confrontant pour certaines personnes mais parfois passer par une petite phase d’inconfort, par laquelle on consent de passer évidemment, il n’y a rien qui est forcé là-dedans, ça peut permettre d’aider à aller vers l’avant. Ça peut être très, très riche.
[00:23:31] Olivier Mageren: Merci.
[00:23:32] Madline: Je t’en prie.
Peut-on ressentir une vraie connexion à travers les vêtements ?
[00:23:33] Olivier Mageren: Quand on parle contact, on peut imaginer genre: un contact, même en doudoune d’hiver avec des grosses couches et parce qu’il fait froid, on est là et puis c’est super chouette avec des grosses couches. Puis on peut imaginer plus dénudé parce que on est en été, il fait chaud, on est juste en tee-shirt (Madline: Oui). Mais il y a aussi en sous-vêtements, ou bien le peau à peau (Madline: Oui), ou bien la nudité (Madine: Oui). Qu’est-ce que tu pourrais dire que tu trouves qu’il serait intéressant de mentionner sur la câlinothérapie, ta pratique ou… Comment tu abordes ça?
[00:23:57] Madline: Alors je dis toujours aux gens de venir habillés d’une façon qui leur soit confortable, confortable physiquement et émotionnellement. Donc ça m’arrive qu’il y ait des gens qui se baladent avec leur pyjama préféré, et c’est super. Je demande juste de respecter un minimum d’un t-shirt et d’un short. T-shirt qui va couvrir les clavicules et les épaules, c’est une tenue assez androgyne on va dire, assez neutre, et ça permet justement de laisser la plupart des doutes ou des potentiels arrières pensées au placard. Les gens ne seront jamais, j’ai toujours les clavicules couvertes, je suis une grande femme mais je suis ronde, si je commence à porter un débardeur, les gens vont tout de suite avoir l’impression d’avoir la tête sur mes seins. Ça va amener à des conceptions, des idées, des projections, c’est normal, c’est naturel, mais l’idée c’est pas de les emmener par-là. Et puis ben quand il fait chaud… Bon, mon studio est en rez-de-chaussée enterré donc, déjà il fait toujours 24 max dans le studio ça c’est très agréable. Et puis sinon il y a un ventilateur mais voilà. Mais on garde ce minimum-là, pour pouvoir dans la mesure du possible, garder ce côté tout à fait platonique, et où on ne va pas projeter d’autres pratiques éventuellement, on ne va pas s’imaginer d’autres choses, le moins possible en tout cas.
Faut-il être nu pour bénéficier des bienfaits du toucher ?
[00:25:07] Olivier Mageren: Ça n’apporte rien d’autre par rapport à tous les bienfaits qu’on a mentionnés déjà: sécurité, présence. Finalement, ça rajoute plein d’autres paramètres. Que dire simplement habillé
[00:25:15] Madline: Ça va plus compliquer les choses. Si on commençait à faire du peau-à-peau ou d’être complètement nu mais platonique, ce serait, ça compliquerait juste terriblement les choses. Sans doute qu’il y aurait quelques bénéfices, mais ça me semble juste se compliquer la vie inutilement. Alors qu’en étant dans cette tenue-là, ben on y arrive quand même, et qu’on a quand même assez de contacts, et qu’on a quand même assez de peau-à-peau que pour que ce soit efficace quoi.
La câlinothérapie auprès des personnes en situation de handicap
[00:25:37] Olivier Mageren: On s’est rencontré entre autres au salon « Envie d’aimer ».
[00:25:40] Madline: « Envie d’amour ».
[00:25:41] Olivier Mageren: « Envie d’amour », Oui (Madline: Envie d’amour). À la Louvière, à la Louve-Expo, le salon de la Vic, qui est très connu en Belgique hein? Et donc c’était un salon dédié aux personnes en situation de perte d’autonomie et donc d’handicap hein? (Madline: Oui) Différentes formes, mais je sais que c’est un public qui tient à cœur (Madline: Oui). Est-ce que tu peux en parler peut-être?
[00:25:55] Madline: J’ai tout de suite voulu réfléchir à ma pratique la plus inclusive possible. Et ce qui est rigolo c’est que j’avais envie de contacter une association qui fait de l’accompagnement sexuel pour personnes en situation de handicap, qui s’appelle « Aditi ». Il y a « Aditi » en Wallonie et « Aditi » à Bruxelles. Et un jour, je reçois un coup de fil, mais c’était sur ma « to do list » quoi. Et un jour, je reçois un coup de fil d’un monsieur qui s’appelle Alain Joret et que je salue très chaleureusement, j’adore Alain. Et il me dit « Voilà, je fais partie d’Aditi et… » et je fais « Ah oui, n’essayez pas de m’expliquer, il n’y a pas de soucis, je vois très très bien qui vous êtes. Vous êtes sur ma to do list des gens à appeler ». On commence à parler, à sympathiser, on s’est rencontré plusieurs fois. Donc avec Alain et Pascal Van Rensburg qui est l’autre partenaire sur Aditi Bruxelles, enfin Wallonie-Bruxelles. Et le courant est tout de suite bien passé, donc j’ai commencé à donner des petites formations chez eux, parfois à suivre des formations avec eux, avec leurs accompagnants sexuels. Et c’était important pour moi vraiment d’avoir une pratique la plus inclusive possible. Alors c’est pour ça que notamment je me déplace pas, sauf en cas de handicap, parce qu’hélas j’habite dans une vieille maison 1930 bruxelloise et que je ne peux pas enlever les escaliers qui sont à l’entrée et que je n’ai pas de solution pour installer une rampe chez moi. Donc il a fallu réfléchir un petit peu plus loin: à comment est-ce que je pouvais rendre ma pratique accessible dans le cas d’un handicap moteur dans ce cas-là. Et c’est quelque chose qui est vraiment important pour moi, j’ai deux souvenirs, deux anecdotes extrêmement parlantes de choses qui se sont déroulées sur les salons de la Vic. Premier salon que je fais, où là en termes d’accessibilité, vraiment c’était une galère parce que je n’avais pas encore de matos, je débutais à peine, je n’avais pas encore constitué de quoi avoir un stand correct. Et alors mon stand, c’était un peu la honte quand j’y pense maintenant, mais c’était un matelas par terre, je n’avais pas d’autres solutions. J’ai une dame qui vient et qui a une sclérose en plaques, et qui me dit « Non, non non, non, je suis quand même capable de faire quelques pas, et je veux les faire, je veux pouvoir être sur le matelas, je ne veux pas qu’on me câline dans la chaise ». Très bien, donc on l’aide à s’installer dans le matelas, je la touche à peine qu’elle s’effondre. Elle s’effondre en larmes, mais c’est un torrent quoi! Et elle me dit « Mais vous savez, depuis que j’ai eu mon diagnostic, plus personne ne m’a touché comme ça ». Donc toute cette vie intime, romantique, sexuelle ou même amicale, elle s’est envolée. Et c’est quelqu’un qui en plus a connu ça. C’est très, très confrontant. Et j’ai un autre exemple comme ça d’une institution qui vient sur le salon, et ils sont plusieurs à vouloir s’inscrire, et l’éducatrice me dit « Bon, j’en ai un qui veut s’inscrire aussi, mais j’ai l’impression que c’est plus un effet de mode parce qu’ils voient les copains s’inscrire ». Il parle pas, il est très autiste, il n’a pas du tout accès à la parole. Je ne suis pas sûre qu’il ait compris le concept, et il se peut qu’il réagisse violemment. Bon, moi je n’ai pas refusé cette personne-là, surtout que je suis au courant, et que en soi la personne n’a rien fait d’inapproprié donc, on va tester. Donc je commence ce petit moment câlin dans mon stand, et ma foi ça se passe de manière, pour moi, tout à fait normal. La personne se détend, et il y a les yeux fermés, le visage qui commence à suivre les caresses, une séance tout à fait, un petit moment câlin. Pour moi juste joli et normal, je me retourne vers l’éducatrice à la fin de la séance, mais elle est complètement bouleversée. Elle me dit « Je ne l’ai jamais vu comme ça alors que ça fait des années que je travaille avec lui, des années qu’on essaye d’avoir des approches du bien-être et qu’il n’y a rien pour lequel il est aussi réactif que ça ». Et tout ça, ça ne peut que conforter dans l’idée que le contact tactile est extrêmement important, et qu’il faut, même pour les personnes en situation de handicap, le mettre à disposition. Parce qu’en fait le handicap ne change pas, en tout cas à ce niveau-là, nos besoins. Nous sommes des personnes qui avons besoin de contact tactile, qui avons besoin de cette connexion humaine, et il faut pouvoir trouver des solutions pour le mettre à disposition.
Pourquoi le besoin de contact ne disparaît jamais
[00:29:39] Olivier Mageren: C’est vrai que, sans faire des généralités parce que les besoins, l’histoire est différent pour chacun, mais c’est vrai que les personnes en situation de handicap parfois témoignent que le contact est fort médicalisé (Madline: Tout à fait). Et donc il y a beaucoup de conscience qui est mis aujourd’hui à changer un peu la situation mais, il y a un besoin d’être touché, tout autant que peut-être les personnes seniors ou plus âgées, dans les homes ou autres, ou peut-être c’est un public aussi pour toi?
[00:30:00] Madline: Alors j’ai essayé, c’est un public que j’abandonne pas, j’ai toujours envie d’y aller, c’est plus complexe je dirais parce que il y a une pudeur qui est tout à fait différente. Donc c’est un public qui est un peu plus mal à l’aise, je dirais en général, mais néanmoins oui, il y a un besoin, donc j’ai créé une formation sur la Câlinothérapie. J’ai plusieurs intervenants ou consultants dans cette formation, il y en a un qui est spécialisé sur le contact tactile et la solitude, qui est le professeur Cory Floyd qui est à l’université d’Arizona. Et qui dit très justement, que selon lui les deux populations les plus en manque de contact tactile, c’est les personnes âgées et les adolescents, mais qu’ils ont des besoins différents. Et que chez les personnes âgées, c’est d’autant plus difficile de répondre à ce besoin-là qu’il y a justement cette pudeur. C’est un mot très fort, et qui est triste hélas, mais ce dégoût de la personne âgée et de la peau de la personne âgée, souvent les gens transmettent ça, que c’est quelque chose qui les rend mal à l’aise d’aller toucher ces personnes-là. C’est dommage, c’est injuste, mais on peut comprendre, mais c’est pas juste, et il ne faudrait pas que ce soit le cas. Mais donc oui, il y a un besoin aussi chez la personne âgée, tout à fait.
Peut-on toucher un corps sans toucher aussi l’être humain derrière ?
[00:31:10] Olivier Mageren: Ça me fait penser que: on ne peut pas toucher un corps sans toucher l’esprit, l’âme, enfin qui est la personne pour dire sa psychologie, son mental. Et l’un amène l’autre en fait, prendre soin du corps c’est prendre soin de la santé mentale et relationnelle de la personne et vice versa et que… Par exemple les ados, moi je travaille davantage avec les ados que les seniors mais, j’ai aussi des clients seniors. Ne pas être touché, ça génère un stress, et alors que toucher ça apaise, c’est tellement du b A ba dans le langage, on va dire biologique, mais psycho corporel. C’est vrai que de se rendre compte à quel point certains ados sont, ou seniors, sont vraiment, peut-être on pourrait les voir un peu comme cette personne autiste, les voir d’une certaine manière et puis quand on découvre qu’en fait le contact, le toucher leur apporte tant de bien-être, on découvre une autre personne finalement, une autre expression de la personne, c’est la même personne mais on lui apporte quelque chose. Peut-être que sans savoir le nommer ou le comprendre, ou l’identifier, ben ça fait du bien et on voit enfin une personne s’épanouir autrement.
[00:31:59] Madline: Oui tout à fait.
Le sujet qui tient le plus à cœur à Madline
[00:32:00] Olivier Mageren: Comme c’est un podcast ouvert, le format aussi. Est-ce qu’il y a un sujet qui te ferait plaisir à aborder? Il y en a plein évidemment.
[00:32:06] Madline: Il y en a plein, c’est difficile à choisir, j’ai une petite liste à côté de moi, et je regarde et ça me semble assez difficile à choisir. Si, il y en a un qui me touche particulièrement d’autant que là on enregistre et c’est la semaine de la Pride, ici à Bruxelles. Et bien c’est le fait que justement j’ai voulu être la plus inclusive possible, et évidemment que ça inclut aussi les personnes LGBTQIA+, qui font partie intégrante de la communauté des gens qui viennent me voir, et je trouve ça extrêmement important. Je pense notamment aux personnes qui sont en situation de transition. Alors, je suis un peu nulle en politiquement correct, donc peut-être que je ne vais pas formuler les choses exactement comme il faudrait que ça soit formulé, et je présente mes excuses en avance, mais voilà, quand on a quelqu’un qui est en transition, par exemple, et qui se trouve en état de dysphorie, et bien ça va être extrêmement compliqué pour la personne. Avoir un espace dans lequel on peut, en toute sécurité, recevoir du contact tactile sur un corps qu’on a potentiellement parfois du mal à accepter dans l’état dans lequel il est, au moment, à l’instant T. Et bien c’est très apaisant également et ça peut être très réconfortant. Ça peut être très confrontant également, évidemment ça dépend des gens et de là où ils en sont dans leur parcours de vie, mais ça peut être extrêmement enrichissant, et de se sentir accepté et d’aider à accepter son corps tel qu’il est, pour le moment, et ce vers quoi il va quoi.
Ce que la câlinothérapie change concrètement dans la vie des personnes
[00:33:26] Olivier Mageren: C’est vrai qu’on sent vraiment le métier de cœur en fait, c’est un métier qui (Madline: Ouais) te touche au cœur hein? On sent que tu es animé par ton corps et que en fait, voilà, toucher, rencontrer quelqu’un, l’accepter, l’honorer, ça fait partie de ta pratique quoi. On le sent vraiment, peu importe en fait, voilà, peu importe l’âge, l’orientation.
[00:33:43] Madline: Oui c’est ça, c’est très important. Et ce que j’explique souvent c’est que: la seule raison pour moi de refuser quelqu’un, parce que ça peut arriver, mais ça va plutôt être de l’ordre de « Est-ce que je suis capable ou pas de l’aider? ». Et « Est-ce que la personne va avoir un comportement adapté? ». C’est rarissime que ce ne soit pas le cas, mais ça pourrait arriver, je n’ai pas de souvenir comme ça mais ça pourrait arriver. Et dans ce cas-là, on peut peut-être choisir d’orienter soit vers un autre praticien, parce que peut-être que c’est juste humainement ou ça n’accrocherait pas. Mais encore une fois, j’ai même pas d’exemple en tête parce que, parce que c’est tellement, tellement rare. Ou alors d’orienter vers une autre pratique, parce que peut être que le besoin est autre. Donc dans ce cas-là, allez voir quelque chose qui est plutôt de l’ordre du travail du sexe, ou du tantra, de certaines couleurs de tantra, je ne les connais pas par cœur mais je sais qu’il y a certaines couleurs qui peuvent être plus sexuelles. Dans ce cas-là peut-être que c’est plus approprié, que ça correspondrait plus aux besoins. Parfois oui, la câlinothérapie ne va pas nécessairement correspondre aux besoins, et dans ce cas-là il vaut mieux ré orienter vers ailleurs. Mais oui, j’ai envie d’accueillir les gens et de les recevoir tels qu’ils sont.
Les câlins comme hygiène de vie émotionnelle
[00:34:43] Olivier Mageren: En tout cas, en tant que sexologue, j’ai presque envie de dire que c’est une question de santé, d’hygiène de vie. Tu vois de redécouvrir, comme tu dis, le toucher, à travers quelque chose qui est, voilà on enlève les enjeux d’une relation, de sentiment amoureux, de relation amicale ou autre. Voilà, on va voir un ou une professionnel qui a plein de talent pour le faire, qui est éveillé sur plein de subtilités (Madline: Oui) sur lesquelles on peut trébucher si on n’est pas formé.
[00:35:03] Madline: On essaye oui.
Pourquoi certaines personnes s’offrent des séances régulièrement
[00:35:04] Olivier Mageren: Et de se dire: s’offrir ça, comme un cadeau qu’on se fait, aussi simple soit-il, c’est encore peut-être… Voilà. J’ai l’impression que c’est assez classique de dire « Oh ben on va offrir un massage à quelqu’un », la câlinothérapie est un peu émergente. Je me demande d’ailleurs comment la câlinothérapie évolue, est-ce que tu la vois évoluer? Ou toi, dans la pratique, tu vois des évolutions ou bien? Tu as une question générale que j’ai, mais pour moi je, vraiment je recommande chaudement l’expérience de la Câlinothérapie (Madline: Merci) à tout un chacun. Que les gens soient célibataires, en couple, ou marié, ou que sais-je, les jeunes, les ados, enfin il y a tellement de bienfaits. On parle juste à un humain, et de l’accueillir de manière platonique comme ça, en disant « Ton corps, ben prenons en soin quoi ».
[00:35:44] Madline: Alors je dirais que la pratique est encore un peu trop jeune que pour voir vraiment une évolution, en tout cas, dans mon cabinet. Mais je remarque un truc, j’étais toute seule et je ne le suis plus. Ça s’est quand même déjà une évolution importante, c’est dû notamment, mais pas que, au fait que j’ai créé une formation parce que: quand j’ai commencé il n’y avait pas vraiment de référence en français, il n’y avait pas vraiment moyen de se former en français, ou alors c’était en France, ou alors c’était en ligne. Et moi je voulais pouvoir offrir une formation qui soit assez holistique et dans une approche où on va avoir de la théorie qui, elle, j’enseigne la théorie en ligne parce que ça il n’y a pas besoin qu’on soit face à face, donc, je l’enseigne dans des cours en direct qui sont donnés en ligne. Et puis on a aussi des week-ends de rencontres en présentiel, dans lesquels on a des exercices et où les futurs praticiens pratiquent l’un avec l’autre. Donc, jusqu’à il n’y a pas très longtemps, j’étais toute seule en Belgique francophone, il y a eu avant moi quelqu’un qui en a fait mais qui n’était plus actif. Et maintenant j’ai la chance d’avoir des anciens élèves qui rejoignent le peloton, donc ça c’est assez chouette. En France, il commence à y avoir des choses qui se mettent en place également, je forme en francophonie européenne, donc j’ai des élèves français, je pourrais avoir des Suisses et j’aimerais bien pouvoir aussi former au Canada et en Afrique. Essayez d’être le plus large sur la francophonie, et dans d’autres pays francophones, mais chaque chose en son temps, évidemment. Mais c’est chouette parce que je vois qu’en France il y a des choses qui commencent à se faire. Parfois, je me rends compte qu’il y a un nouveau calino-thérapeute aux Pays-Bas, en Allemagne, quelqu’un qui se lance, et je ne connaissais pas ça avant. Il y a un autre concept aussi qui commence à voir le jour, en France notamment, qui s’appelle la papouille thérapie, ils appellent ça comme ça, je trouve ça très rigolo comme nom. Évidemment qu’aussi bien câlinothérapie que Papouille Thérapie, il y a, enfin il me semble en tout cas pour papouillothérapie: une petites notions d’humour dans le titre, il y a un moment il faut rester un petit peu les pieds sur terre. Mais, néanmoins, là il papouille avec plein d’accessoires, des brosses, des pinceaux, des sortes de grands ongles qu’on rajoute et qui permettent de faire plein de gouzi-gouzi. Enfin c’est hyper-rigolo! J’ai moi-même essayé de le faire, mais ça ne m’a pas plu en tant que praticienne de donner ça. Mais les gens étaient aux anges, c’était très, très chouette. Donc oui, il y a de plus en plus de choses qui se font, et c’est chouette, il y a des options qui arrivent. Néanmoins, on reste, on ne remplit pas les doigts d’une main, quant au nombre de praticiens et d’options. Mais il y en a de plus en plus.
Comment la câlinothérapie se professionnalise et se développe
[00:38:03] Olivier Mageren: Et donc, si je comprends bien, s’il y a des auditeurs, des auditrices qui souhaitent faire appel à tes services pour des formations à l’étranger?
[00:38:08] Madline: Tout à fait.
[00:38:09] Olivier Mageren: En Europe ou ailleurs
[00:38:09] Madline: Je suis là
[00:38:10] Olivier Mageren: Ils sont bienvenue.
[00:38:11] Madline: Tout à fait, tout à fait. Ça m’est déjà arrivé de faire des budgets pour, je crois que c’était Madagascar, ou le Canada, ça se fait, ça se fait tout à fait.
[00:38:18] Olivier Mageren: Excellent. On sème des graines (Madline: Yeah). On espère que la récolte sera belle pour tout le monde.
[00:38:23] Madline: Merci
[00:38:23] Olivier Mageren: Parce que tout le monde est gagnant à la fin.
[00:38:25] Madline: Merci. Et bien si, Entr’Nous, entre auditeurs il y en a qui ont envie justement de se former, vous pouvez aller voir sur le site web école de câlinothérapie point com, et donc vous avez toutes les informations concernant l’école, le programme, la façon dont c’est organisé. Voilà, ça c’est pour l’école, et j’ai aussi un site web pour mes consultations.
[00:38:41] Olivier Mageren: Donc je propose d’écrire tout ça dans l’article écrit.
[00:38:43] Madline: Oui, tout à fait.
[00:38:44] Olivier Mageren: Parce que le podcast est toujours joint à une page et du texte, donc on mettra les coordonnées de contact.
[00:38:48] Madline: Super.
[00:38:49] Olivier Mageren: Qui convient, et qu’on peut mettre à jour (Madline: Merci) quand on veut, ce qui est pratique.
[00:38:51] Madline: Tu as eu la gentillesse de me proposer de regarder un petit peu, de réfléchir, à quelle thématique je voudrais aborder. Et j’ai demandé à mes anciens élèves justement ce qu’ils en pensaient, et j’en ai un qui en a parlé, qui a répondu, et j’ai envie d’honorer son idée parce que je trouve ça intéressant, c’est que ça permet d’avoir du contact tactile. Ça, on l’a vu, dans un cadre pleinement sécurisé, et qu’hélas il y a des options de contact tactile qui ne sont pas toutes sécurisées. Alors je ne fais pas de généralités, évidemment que chaque praticien est différent, chaque école avec un grand « E » a évidemment des pratiques différentes. Mais je sais que, dans certaines pratiques du bien-être, il y a des choses qui s’apparentent peut être plus au travail du sexe, ou moins au travail du sexe, ou alors des praticiens qui ont une éthique différente, un code de déontologie différent, ou potentiellement un code de déontologie manquant. Et que c’est important pour moi et pour mes élèves d’être justement sur une pratique qui est très solide et très sécurisée à ce niveau-là, parce qu’on veut pouvoir travailler avec des personnes qui ont peut-être des fragilités, qui ont peut-être un passé qui n’est pas forcément facile, et les accepter dans un cadre sécure, c’est extrêmement important à nos yeux, et c’est pour ça qu’on a un code de déontologie qui est consultable, que les gens peuvent aller voir, que chaque personne qui vient en séance va signer. Mais vraiment, sur papier, un document qui s’appelle les conditions de service et qui reprend tout ce qu’est et ce que n’est pas la câlinothérapie, en quoi est ce qu’elle peut ou pas aider, ce qui est acceptable, ou pas, de la part du client ou de la part du praticien, de sorte à ce que tout ça soit le plus cadré possible et que quelqu’un qui arrive en séance sache qu’il est en sécurité. Et ça, c’est extrêmement important à nos yeux à tous.
[00:40:35] Olivier Mageren: Merci
[00:40:35] Madline: Je t’en prie.
Le cadre de sécurité qui protège praticien et consultant
[00:40:36] Olivier Mageren: Effectivement, dans le cadre, on a déjà parlé de ça, aussi le tantra, parfois il manque de cadre dans le tantra, parce qu’il est parfois très grand qu’en fait ça laisse tellement de degrés de liberté. Et puis en fait, le cadre est fluctuant, ou flou, ou… Grandement variable d’une fois à l’autre, et c’est vrai que, parfois les gens vont vers une pratique, que ce soit faire appel à un travailleur ou travailleuse du sexe, ou tantra ou autre, où le besoin peut-être, peut -tre davantage le toucher, le tactile platonique, et que ça suffit peut-être déjà largement et qu’on peut, enfin voilà, complémenter aussi. D’avoir un cadre très précis, je trouve que j’ai envie de te féliciter, même si c’est du b-a ba de déontologie et d’éthique, c’est évident. Mais c’est vrai que maintenir ce cadre, c’est fondamental.
[00:41:15] Madline: Tout à fait. Et alors moi j’ai une question pour toi, du coup, en retour. Avec ton bagage de sexologue, quel type de profil penses-tu pour pouvoir bénéficier de la câlinothérapie, qui est-ce qui pourrait potentiellement être impacté positivement par la câlinothérapie?
Masculinité, solitude et manque de tendresse
[00:41:31] Olivier Mageren: Moi je pense, en premier lieu je pense aux hommes (Madline: Oui). Je te rejoins là-dessus, on a tous ces besoins-là, mais je pense que ça pourrait faire énormément de bien aux hommes de se poser sur un rapport au corps différent, voir les choses différemment, les ressentir, les expérimenter autrement. J’ai l’impression que beaucoup d’hommes sont certainement en manque de toucher, et que ça ne doit pas nécessairement venir de quelqu’un en particulier, ou d’un partenaire, ou d’un époux ou épouse, ou que sais-je mais… Je pense aussi peut être aux personnes gays, aussi, je suis très en lien avec la communauté LGBTQIA+. J’éveille l’idée de me dire, peut-être qu’il y a beaucoup d’hommes gays à qui ça pourrait faire du bien. Parce que parfois, un des prochains podcasts c’est sur le chemsex, parce que parfois il y a même des clichés qui sont parfois encore là, avec il y a l’homme qui est actif et passif, et ainsi de suite, et qui a parfois une notion de « tout ou rien », ou d’intensité, ou de posture, ou finalement en fait, déjà le juste le besoin d’être touché, ça peut faire du bien. Alors il y en a qui se le permettent, chacun a une histoire différente, mais je pense qu’effectivement, peut-être que ça pourrait parler beaucoup, et du fait que tu es ouvert à cette communauté, tu es vraiment, dans le jargon on dit LGBTQIA+ friendly (Madline: Oui), enfin pour se comprendre (Madline: Des alliés) on va dire, voilà on ca dire. Tout le monde est le bienvenu, et qu’en fait, voilà, on est face à un humain mais je pense que ça pourrait peut-être toucher certaines personnes de ces communautés effectivement. Je pense que les personnes qui sont en recherche aussi de mieux comprendre, par exemple la notion de consentement, de rencontre du corps, le slow sex, s’ils sont intéressés par quelque chose qui est au-delà, au-delà d’un porno mainstream, qui est très connu et autre. De dire ‘Tiens la sexualité j’ai envie de la revoir autrement, et de revenir à du B.A.BA. Et des gens qui sont en cheminement de se dire: qu’est-ce qui existe d’autre? On ne pense pas nécessairement à la câlinothérapie parce qu’on est pas dans la sexualité puisque c’est platonique, mais justement, parfois c’est en l’enlevant qu’on comprend mieux ce que c’est. Alors on ne sait pas c’est quoi dormir, mais empêche toi de dormir, tu verras c’est quoi dormir, tu vas mieux dormir. Donc parfois c’est en sortant justement du sujet, parce que parfois les gens sont assez orientés: j’ai un problème ou j’ai un besoin ou… Il faut parler sexo. Alors que parfois: s’autoriser une expérience comme plusieurs sessions de câlinothérapie. Parce que je pense que les bienfaits ça vient avec plusieurs sessions, évidemment c’est d’autant plus, ça peut être intéressant de se poser éventuellement, mais de… Ce qui me vient en tête c’est, justement, de ralentir pour mettre plus de conscience dans nos esprits, plutôt slow sexe et consentement. Ça peut aider beaucoup aussi, ce sont des moyens simples, pragmatiques, ce n’est pas de la théorie. On passe par la pratique, ça passe par le corps donc je pense que ça fait des transformations d’autant plus puissantes et belles et profondes, intimes et personnelles. Parce que quand on touche, c’est soi qui sommes touchés. On ne va pas parler de ce que les autres pensent ou disent ou ressentent. Non, c’est moi vis à vis de moi, je suis souverain, je suis dans mon introspection et authenticité. Et je pense que ça, ça peut apporter beaucoup de choses de soi à soi, de le faire aussi d’une démarche. J’ai envie de mieux me connaître en fait, ça peut être super beau. Par contre, je me posais la question: tiens, si des couples te contactent, qu’est ce qui se passe?
[00:44:06] Madline: Alors, c’est tout à fait opportun, il y a d’ailleurs une page dédiée à ça sur mon site web. Dans ce cas-là, il y a deux options. Soit on fait plutôt un coaching sur qu’est-ce que c’est le contact tactile, quels sont les besoins des deux partenaires dans le couple et comment est-ce que l’un et l’autre, comment est-ce qu’on peut arriver à faire que l’un et l’autre entende le besoin de l’autre et essaye de faire un effort j’ai envie de dire. C’est pas le bon mot mais, pour aider à pouvoir satisfaire ce besoin. Il y a aussi la potentialité de faire ce câlin tout à fait platonique et sécurisé, mais à trois. Et ça, ça peut être très, très, chouette aussi. Je sais qu’aux États-Unis il y avait un couple comme ça, ça fait longtemps que je n’en ai pas entendu parler, mais c’était « The cuddly couple », donc le couple qui câlinait. C’était un client, et les deux du couple autour, de nouveau dans un cadre très sécurisé et où le couple n’est pas en train de vivre un moment intime entre eux deux, évidemment, c’est pas ça. Mais ça peut être très intéressant, et très apaisant, et très constructif pour le couple qui viendrait.
Les parents solos : une réalité souvent oubliée
[00:45:01] Olivier Mageren: Un autre élément qui me vient à l’esprit en échangeant comme ça, c’est aussi les parents solos (Madline: Oui), de dire en fait (Madline: C’est vrai) on a un tel impact sur le bien-être de notre enfant, mais on doit d’abord prendre soin de soi et que parfois (Madline: Tout à fait) on est en manque. C’est vrai que s’investir dans une relation, ben déjà on a la chance ou pas de rencontrer à un moment donné des gens qui nous correspondent parce que parfois, voilà, le contexte est: on ne rencontre pas les gens. Mais construire une relation c’est de l’investissement, c’est quelque chose de profond parfois , enfin voilà ce n’est pas évident, et on est parfois parents solos, volontairement ou involontairement je dirais. Et qu’en fait, ça pourrait faire tellement du bien de dire, en plus la sexualité manque. On pourrait dire ça, pour certaines personnes hein (Madline: Pour certains oui), sexualité partenaire plutôt que solo, mais tous les parents solos, ça ferait tellement beau de s’offrir en fait une calino-thérapie.
[00:45:38] Madline: Type de moment, oui tout à fait, Tout à fait. Je n’ai rien d’autre à ajouter à ce que tu viens de dire, mais c’est tout à fait vrai. C’est tout à fait juste.
[00:45:44] Olivier Mageren: Et après justement, comme ce sont des parents solos, ils peuvent faire des petits comme on dit, c’est-à-dire qu’ils peuvent, eux, se comporter différemment, peut-être avec leurs enfants, qu’ils soient garçons ou filles, ou que sais-je l’orientation aussi. Mais, voilà, de propager en fait (Madline: Oui) un état de conscience lié au corps.
[00:45:55] Madline: Propager l’éducation au consentement qui est inhérente à la pratique de la câlinothérapie. Et ça c’est, aussi tout bénef quoi.
Comment continuer à nourrir le besoin de contact chez les adolescents
[00:46:01] Olivier Mageren: Il y a des parents qui sont très mal à l’aise. Alors, comment je touche mon enfant? Ils voudraient, mais ils n’ont pas (Madline: Oui, oui) les codes, les outils. Peut-être que la câlinothérapie peut apporter énormément aux parents qui se disent « Ok, mon enfant à tel ou tel âge, cinq, six, sept, dix ans, j’en sais rien quinze.
[00:46:12] Madline: Qu’est-ce que je peux faire?
[00:46:13] Olivier Mageren: Je pouvais le toucher quand il était bébé et maintenant, genre, je… Par pudeur, par gêne, par inexpérience ou non savoir, c’est dommage de finalement créer une distance alors que le cœur ne souhaite pas une distance, et que ça peut être très sain. Et le cadre peut être tellement bienveillant, et clair, ça pourrait être très chouette je trouve pour les parents. Alors évidemment, en tant que sexologue, je parlais du peau-à-peau tout à l’heure, et aussi dans cet univers du contact, ben une érection ça peut venir quand ça veut, parce que c’est système parasympathique qui réagit. On ne décide pas, comme on lève la main, de (Madline: Oui) avoir une érection dans un corps masculin ou féminin. Qu’est-ce qui se passe si une érection?
[00:46:45] Madline: N’est absolument pas grave. C’est quelque chose que j’aborde avec chaque personne qui vient me voir, que la personne soit porteur d’un pénis ou pas. Parce qu’en effet, il n’y a pas que les hommes qui vivent des excitations sexuelles, enfin que les personnes qui ont un pénis. Mais, c’est tout à fait acceptable, comme j’aime l’expliquer, toutes les émotions sont acceptées, tous les comportements ne le sont pas. Et je fais un parallèle entre l’excitation sexuelle et le fait que je le considère là comme une émotion. Il y a le corps qui exprime quelque chose, mais parfois c’est aussi simple que les tissus qui frottent contre ma peau, et du coup ça vient susciter cette réaction corporelle-là. Ça ne veut pas forcément dire qu’on a, vulgairement dit, envie de baiser la personne qui est en face. Et quand bien même ce serait ça que ça veut dire, comme la personne a tout à fait compris que le cadre était ce qu’il était, et bien ce n’est aucunement problématique. Je dis aux gens moi ça m’arrive de voir des bosses dans le pantalon, ou de sentir qu’il y a quelque chose qui se joue, mais tant que la personne ne change pas, ne shift pas l’intention de la séance, il n’y a absolument mais aucun, aucun, aucun, aucun problème, aucun.
Érection, réactions du corps et idées reçues sur la câlinothérapie
[00:47:46] Olivier Mageren: En plus qu’on ne peut pas savoir à l’avance. Certaines personnes, dès qu’elles se détendent, genre sieste ou autre (Madline: Oui), elles peuvent avoir très vite une érection (Madline: Oui). Ou bien, simplement on peut avoir des zones érogènes ou stimulation de dire: « Ah bah tiens, si on me touche là et là en même temps, ben en fait il y a une détente et peut-être qu’une érection peut arriver (Madline: Exact) parce que justement on se sent touché sur le côté de la cuisse, plus l’épaule, et puis peut-être qu’il y a une réaction naturelle, d’une connexion de zone, enfin je ne vais pas dire érogène mais en tout cas plus sensible, qui active. Et on n’en est pas maître, tu vois c’est le corps qui a son propre langage (Madeline: Tout à fait) et son propre rythme.
[00:48:13] Madline: Une érection peut arriver, ben c’est pas grave, c’est juste un réflexe, voilà.
[00:48:17] Olivier Mageren: Merci Madeline
[00:48:18] Madline: Avec plaisir.
Le message final de Madline – Podcast Câlinothérapie
[00:48:19] Olivier Mageren: Je te propose de faire une clôture.
[00:48:20] Madline: Clôturons, clôturons.
[00:48:21] Olivier Mageren: De terminer souvent par une gratitude (Madline: Ok). Et puis par le mot que tu souhaites évidemment, pour honorer ce moment qu’on a passé ensemble.
[00:48:28] Madline: Ben des gratitude j’en ai deux. Quelque chose dont j’ai l’habitude de parler parfois sur les réseaux sociaux de ma boîte CalinoBxl, c’est que je suis quelqu’un qui a des troubles dépressifs chroniques, et que je viens de passer une crise assez violente, et que ça va mieux. Et alors donc j’ai de la gratitude envers toutes les personnes qui ont été là, professionnelles ou amicales. J’ai de la gratitude envers la chimie qui m’aide aussi à m’en sortir, on ne va pas se mentir. Et le fait que ben je tiens bon, donc ça c’est très chouette. Et une autre gratitude que je voudrais adresser, c’est à quelqu’un dont j’ai déjà cité le nom aujourd’hui, qui est Alain Joray, qui est quelqu’un que je vois hélas un peu trop peu je trouve. Ça me fait penser qu’il faudrait que je le contacte, mais qui m’a vraiment mis le pied à l’étrier pour travailler avec les personnes en situation de handicap, et ce qui est quelque chose que je trouve juste important et beau. Et donc merci Alain et merci à Aditi pour le travail que vous faites, et ce chouette partenariat qu’on a ensemble. Et puis merci à toi, et à ton ingé-son, de nous recevoir aujourd’hui, c’est vraiment très chouette!
[00:49:25] Olivier Mageren: Merci! Ben j’en profite aussi pour faire un clin d’œil à Alain Joray, on s’est croisé régulièrement, c’est vraiment que c’est quelqu’un de fabuleux avec Pascal aussi (Madline: Super, oui). Merci à Michel, The Podcast Factory Org, qui nous permet d’être ici présent et d’enregistrer ce podcast. Merci aussi pour ma part à Vincent, parce qu’on a dû chambouler un peu l’organisation des enregistrements ce matin pour plein de facteurs différents, mais merci à Vincent qui attend en studio pour le deuxième podcast qu’on enregistrera juste ensuite. Et merci à toi d’être venue.
[00:49:51] Madline: Avec grand, grand, grand, plaisir.
Comment découvrir la câlinothérapie près de chez soi
[00:49:53] Olivier Mageren: De faire connaître cette pratique. J’espère qu’il y aura beaucoup d’effets positifs pour toi et que les gens oseront te contacter.
[00:49:58] Madline: Même s’ils ne me contactent pas, mais que ça rajoute de l’eau au moulin de leur réflexion, ben c’est déjà gagné quoi, c’est déjà super!
[00:50:04] Olivier Mageren: Merci à toi.
[00:50:05] Madline: Merci infiniment, bonne journée
[00:50:06] Olivier Mageren: À bientôt
[00:50:06] Madline: Au revoir.
[00:50:07] Jingle Intro: Entr’nous. Entr’Nous, le podcast, pour parler, de sexualité. Par vous, avec vous, pour vous.
